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	<title>Imprimerie des Arts &#233;comus&#233;e Saint-Gervais</title>
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		<title>Imprimerie des Arts &#233;comus&#233;e Saint-Gervais</title>
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	<item>
		<title>Les comm&#233;morations de l'Escalade</title>
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		<dc:date>2006-01-05T12:37:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana LOU</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique34">SAINT-GERVAIS ET L'ESCALADE</category>


		<description>Chaque ann&#233;e, nous c&#233;l&#233;brons avec joie la f&#234;te de l'Escalade et nous en gardons de pr&#233;cieux souvenirs, oubliant parfois m&#234;me le caract&#232;re revendicatif d'une nation qui a su maintenir sa foi r&#233;form&#233;e. Que ce soit par les chants appris &#224; l'Ecole, les d&#233;guisements ou le cort&#232;ge aux flambeaux dans la Vieille Ville, qui nous replonge en pleine &#233;poque, nous avons tous tiss&#233; un lien sp&#233;cial avec l'&#233;v&#233;nement qui eut lieu le 12 d&#233;cembre 1602. Mais, comme nous allons le voir par la suite, cette f&#234;te (...)

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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;SAINT-GERVAIS ET L'ESCALADE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Chaque ann&#233;e, nous c&#233;l&#233;brons avec joie la f&#234;te de l'Escalade et nous en gardons de pr&#233;cieux souvenirs, oubliant parfois m&#234;me le caract&#232;re revendicatif d'une nation qui a su maintenir sa foi r&#233;form&#233;e. Que ce soit par les chants appris &#224; l'Ecole, les d&#233;guisements ou le cort&#232;ge aux flambeaux dans la Vieille Ville, qui nous replonge en pleine &#233;poque, nous avons tous tiss&#233; un lien sp&#233;cial avec l'&#233;v&#233;nement qui eut lieu le 12 d&#233;cembre 1602. Mais, comme nous allons le voir par la suite, cette f&#234;te n'a pas toujours eu la m&#234;me connotation que celle de nos jours, passant d'une comm&#233;moration &#224; caract&#232;re aust&#232;re et religieux &#224; une manifestation patriotique c&#233;l&#233;br&#233;e avec joie.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Comment cela a-t-il commenc&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous passerons outre concernant la d&#233;bat au sujet de la date de la premi&#232;re c&#233;l&#233;bration en disant seulement que l'ann&#233;e suivant les &#233;v&#233;nements de la nuit la plus longue - ou quelques ann&#233;es plus tard, les bless&#233;s de l'Escalade se r&#233;unirent autour d'une table. Cette r&#233;union non anodine, donnera naissance &#224; une longue tradition de c&#233;l&#233;brations de banquets en famille ou en soci&#233;t&#233; et deviendra un moment d'affirmation de l'identit&#233; genevoise (ces banquets se c&#233;l&#233;breront m&#234;me &#224; l'&#233;tranger).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au XIX&#232;me si&#232;cle, se rajoutera une nouvelle dimension &#224; cet &#233;v&#233;nement particulier. Les Cercles - litt&#233;raires ou autres -, les associations et les partis politiques en plein essor voient dans les banquets de l'Escalade le moment id&#233;al pour nouer des liens et faire revivre le souvenir en rendant hommage aux victimes et en chantant les chansons relatant les faits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au passage, nous pouvons relever une petite anecdote au sujet de la composition des menus des dits banquets qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'imaginaire populaire. En r&#233;f&#233;rence au contenu pr&#233;sum&#233; de la marmite de la M&#232;re Royaume, il &#233;tait d'usage de manger le soir de l'Escalade une soupe au riz. S'en suivait un plat de r&#233;sistance qui comportait du li&#232;vre - le dit animal aurait effray&#233; les troupes savoyardes - ou de la dinde si on pr&#233;f&#233;rait mettre en avant la tradition orale qui voulait que le syndic Blondel ait fait passer les clefs de la ville au duc de Savoie &#224; l'int&#233;rieur d'une dinde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_155 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH563/mereroyaume-56679.gif' width='400' height='563' alt=&quot;&quot; style='height:563px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque la comm&#233;moration perd de son caract&#232;re uniquement religieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au d&#233;but du mois de d&#233;cembre, la Compagnie des pasteurs avait pour tradition de d&#233;lib&#233;rer sur les points qu'il convenait de mettre en valeur lors des pr&#233;dications du 12 d&#233;cembre. Tout se d&#233;roulait pour le mieux lorsqu'en 1646 on voit que la Compagnie des pasteurs marque une certaine r&#233;ticence &#224; c&#233;l&#233;brer l'Escalade. A quoi est-ce du ? Les exc&#232;s consid&#233;r&#233;s comme &#171; profanes &#187; voient peu &#224; peu le jour que cela soit par des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre &#224; caract&#232;re badin ou les fameuses &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mascarades&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_154 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH569/paysans-cf4cb.gif' width='400' height='569' alt=&quot;&quot; style='height:569px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les premiers vents officiels de personnes d&#233;guis&#233;s lors de l'Escalade apparaissent en 1670. Ces mascarades sont vues comme un mal allant &#224; l'encontre de la bonne loi et portant atteinte &#224; la religion reform&#233;e. Des plaintes sont port&#233;es aupr&#232;s du Consistoire qui s'en r&#233;f&#232;re au Petit Conseil. Pour les pasteurs, il &#233;tait plus que n&#233;cessaire de d&#233;couvrir l'identit&#233; de ceux qui se permettaient de commettre de tels exc&#232;s et les ch&#226;tier. En d&#233;pit de leurs r&#233;criminations, la coutume de se d&#233;guiser s'imposa peu &#224; peu ainsi que le fait que l'&#233;v&#233;nement devienne l'occasion de r&#233;jouissances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'en suivra plusieurs &#233;pisodes tout au long du XVIII (et notamment en 1701) o&#249; les mascarades et autres r&#233;jouissances nocturnes continueront &#224; choquer. Les tenants du maintien d'une f&#234;te purement religieuse se verront ainsi bouscul&#233;s par ceux qui entendent que le 12 d&#233;cembre devienne un jour de liesse populaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les comm&#233;morations des centenaires&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est normal que, pour un &#233;v&#233;nement de la sorte, les centenaires soient c&#233;l&#233;br&#233;s comme il se doit. Il est int&#233;ressant de soulever le fait que les diff&#233;rentes f&#234;tes centennales organis&#233;es nous renseignent au sujet de l'&#233;volution des m&#339;urs &#224; Gen&#232;ve et soient une fen&#234;tre ouverte sur les &#233;v&#232;nements qui ont touch&#233; de pr&#232;s ou de loin notre bonne ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1702 se c&#233;l&#233;brait le premier centenaire. On aurait pu s'attendre &#224; une f&#234;te organis&#233;e en grandes pompes pour marquer le coup mais il n'en fut rien. La sobri&#233;t&#233;, pr&#233;conis&#233;e par la Compagnie des pasteurs fut de mise. S'il y eut d'autres raisons, mis &#224; part celles-ci, le registre du Conseil et celui de la Compagnie des pasteurs ne le disent pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant l'occupation fran&#231;aise, la c&#233;l&#233;bration du deuxi&#232;me centenaire en 1802 n'avait pu avoir lieu pour des raisons &#233;videntes. Durant tout le XIX&#232;me si&#232;cle, toute c&#233;l&#233;bration religieuse avait &#233;t&#233; supprim&#233;e. Il fallait m&#233;nager les nouveaux genevois des communes r&#233;unies en &#233;vitant d'exacerber les tensions confessionnelles par une manifestation manifestement anti-catholique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le centenaire qui fut c&#233;l&#233;br&#233; avec le plus d'&#233;clat, compar&#233; aux deux autres, fut celui du 12 d&#233;cembre 1902, qui fut d&#233;clar&#233; jour f&#233;ri&#233;. Aux alentours de la m&#234;me date, avait vu le jour une association patriotique pour la r&#233;novation de l'Escalade qui avait pour but de lutter contre le caract&#232;re carnavalesque de la f&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le fait que l'Escalade devienne une f&#234;te ch&#244;m&#233;e n'&#233;tait pas nouveau. En 1631 puis &#224; partir de 1660, on voit ce jour devenir de plus en plus un jour de liesse populaire. C'est &#224; partir de 1673 que la f&#234;te ch&#244;m&#233;e se l&#233;galisa comme on peut le voir dans le registre du Conseil de l'&#233;poque&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A cause des violentes luttes sociales dues aux mutations &#233;conomiques qui avaient &#233;clat&#233; en l'automne 1902, le comit&#233; pour l'Escalade d&#233;cida de reporter la f&#234;te et les &#233;v&#233;nements pr&#233;vus au printemps 1903. Le conflit impliquant les employ&#233;s de la compagnie des tramways &#233;lectriques, soutenus par tous les syndicats, aboutit &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Gen&#232;ve. Le Cercle des Arts et des Lettres organisa un cort&#232;ge historique o&#249; les Genevois, au temps de l'Escalade, &#233;taient repr&#233;sent&#233;s. Le 1 juin 1903, mille participants conduits par Henri Fazy, le pr&#233;sident du Conseil d'Etat, parcoururent la ville en passant par la Corraterie et, &#224; l'endroit o&#249; les Savoyards dress&#232;rent leurs &#233;chelles, ils marqu&#232;rent un arr&#234;t puis ils reprirent la route jusqu'au monument fun&#233;raire &#233;lev&#233; contre le temple de Saint-Gervais et y marqu&#232;rent un nouveau temps d'arr&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_158 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH615/monumentfuneraire-ab9e0.gif' width='400' height='615' alt=&quot;&quot; style='height:615px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Eglise de Gen&#232;ve joua un r&#244;le important lors de cette comm&#233;moration, venant briser plus d'un si&#232;cle de silence. En 1900, un premier culte exceptionnel est r&#233;introduit dans les temples, r&#233;unissant un grand nombre de fid&#232;les. Mais, signe de l'&#233;volution des m&#339;urs et de la modification de l'identit&#233; genevoise, lors du troisi&#232;me centenaire, l'Eglise protestante n'est plus la seule d&#233;tentrice de la m&#233;moire collective. Les confessions juives et catholiques s'associent &#224; cette comm&#233;moration en organisant des services religieux extraordinaires le jour dit en souvenir des &#233;v&#233;nements du XVII&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_153 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH550/arquebusier-b6d82.gif' width='400' height='550' alt=&quot;&quot; style='height:550px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marmite en chocolat vous avez dit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons tous, une fois ou l'autre, bris&#233; une marmite en chocolat en pronon&#231;ant les paroles traditionnelles : &#171; Ainsi p&#233;rirent les ennemis de la R&#233;publique ! &#187;. Mais d'o&#249; nous vient cette tradition qui ne se trouve nulle part ailleurs qu'&#224; Gen&#232;ve ? Le site de &lt;a href=&quot;http://www.compagniede1602.ch/histo/marmitte.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la Compagnie de 1602&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; nous fournit la r&#233;ponse. Il semblerait que cette fameuse marmite soit apparue dans la seconde moiti&#233; du XIX&#232;me si&#232;cle et ait &#233;t&#233; l'id&#233;e d'un confiseur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_151 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L284xH364/marmite_lait-41f48.jpg' width='284' height='364' alt=&quot;&quot; style='height:364px;width:284px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La tradition des cort&#232;ges&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous pouvons faire remonter cette tradition en 1793, pendant les ann&#233;es chaudes de la r&#233;volution genevoise. En effet, le gouvernement organisa le premier cort&#232;ge de l'Escalade o&#249; les autorit&#233;s constitu&#233;es et les membres de l'Assembl&#233;e nationale, coiff&#233;s de bonnets rouges, d&#233;fil&#232;rent suivi par des groupes de citoyens charg&#233;s des objets rappelant la victoire et le souvenir des h&#233;ros de 1602. Suspendu apr&#232;s 1794, durant les ann&#233;es de normalisation, le cort&#232;ge de l'Escalade ne r&#233;appara&#238;tra que dans les derni&#232;res d&#233;cennies du XIX.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_156 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH705/genevoise-18627.gif' width='400' height='705' alt=&quot;&quot; style='height:705px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une premi&#232;re tentative de r&#233;tablissement des cort&#232;ges est faite en 1867. Un appel est alors lanc&#233; &#224; tous les Genevois par les organisateurs. Ils cherchent &#224; regrouper pour la marche des personnages dans les anciens costumes bourgeois ou militaires de tous genres et de tous &#226;ges. Le succ&#232;s fut tel que l'on r&#233;p&#233;ta le d&#233;fil&#233; en 1868, sans que la tradition ne parvienne pourtant &#224; s'&#233;tablir de fa&#231;on d&#233;finitive. Il faudra attendre la comm&#233;moration du 300&#232;me anniversaire de l'Escalade pour voir, &#224; nouveau, un cort&#232;ge parcourir les rues de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_157 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH550/syndic-556c1.gif' width='400' height='550' alt=&quot;&quot; style='height:550px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La cr&#233;ation d'associations patriotiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Compagnie des pasteurs n'&#233;tait pas la seule &#224; voir d'un mauvais &#339;il les sc&#232;nes scandaleuses que provoquaient dans les rues les d&#233;guis&#233;s de l'Escalade. Certains citoyens se r&#233;unirent en groupe de p&#233;titionnaires pour attirer l'attention du Conseil d'Etat puis constitu&#232;rent ensuite la premi&#232;re Association Patriotique Genevoise pour la r&#233;novation de l'Escalade, mieux connue sous le nom de Comit&#233; de l'Escalade patriotique, en 1898. Cette association, comme nous l'avons vu ant&#233;rieurement, ne se contenta pas seulement d'organiser le cort&#232;ge du 300&#232;me anniversaire mais aussi d'autres cort&#232;ges comm&#233;moratifs ainsi que des conf&#233;rences.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien plus tard, il s'en suivra la cr&#233;ation de la Compagnie de 1602 le 31 mars 1926. Dans un souci de continuit&#233;, elle a repris dignement la succession du Comit&#233; de l'Escalade patriotique. Reprenant les nombreuses t&#226;ches qui &#233;taient d&#233;j&#224; g&#233;r&#233;es par le pr&#233;c&#233;dent Comit&#233;, elle patronne des conf&#233;rences et des expositions et &#233;dite des gravures et des publications.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_159 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH580/imagesdescalade-f0cd5.gif' width='400' height='580' alt=&quot;&quot; style='height:580px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les monuments d'art et d'histoire du canton de Gen&#232;ve - Gen&#232;ve, Saint-Gervais : du Bourg au Quartier,tome 2&lt;/i&gt;, WINIGER Anastazja, Soci&#233;t&#233; d'histoire de l'art en Suisse SHAS, Berne, 2001&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La M&#232;re Royaume, figures d'une h&#233;ro&#239;ne, XVII-XXI&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt;, WALKER Corinne avec la collaboration de ZUMKELLER Dominique, Soci&#233;t&#233; d'histoire de la Suisse Romande, Georg, 2002&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Escalade de Gen&#232;ve 1602, Histoire et tradition&lt;/i&gt;, BLONDEL Louis, RUCHON Fran&#231;ois, Alexandre Julien Editieur, Gen&#232;ve, 1952&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Images d'Escalade&lt;/i&gt;, Editions de la Compagnie de 1602, Gen&#232;ve&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.compagniede1602.ch&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La Compagnie de 1602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire &#224; Saint-Gervais</title>
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		<dc:date>2005-12-15T15:17:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor Salamin</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique37">9.1. LA SOCIETE LITTERAIRE s'installe &#224; Saint-Gervais</category>


		<description>L'Auberge de la M&#232;re Royaume va abriter les salons de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire. La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, fond&#233;e en 1816, s'inscrit dans la longue tradition des cercles genevois qui ont fleurit au XVIIIe si&#232;cle. Ces cercles, qui existaient dans maintes autres villes d'Europe, s'inspiraient des clubs &#224; l'anglaise. La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, avec ses 190 ans d'histoire , avec ses personnalit&#233;s &#233;minentes, fait partie du patrimoine social et historique de notre canton. &lt;br /&gt;LES CERCLES : TRADITION GENEVOISE (...)


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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;9.1. LA SOCIETE LITTERAIRE s'installe &#224; Saint-Gervais&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;L'Auberge de la M&#232;re Royaume va abriter les salons de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire. La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, fond&#233;e en 1816, s'inscrit dans la longue tradition des cercles genevois qui ont fleurit au XVIIIe si&#232;cle. Ces cercles, qui existaient dans maintes autres villes d'Europe, s'inspiraient des clubs &#224; l'anglaise.
La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, avec ses 190 ans d'histoire , avec ses personnalit&#233;s &#233;minentes, fait partie du patrimoine social et historique de notre canton.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; LES CERCLES : TRADITION GENEVOISE&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rousseau puis Stendhal contribu&#232;rent beaucoup &#224; r&#233;pandre cette image selon laquelle, &#224; Gen&#232;ve, &#171; tous les hommes font partie d'un cercle &#187;. Dans ces cercles, on se retrouvait sur la base d'affinit&#233;s communes dans des salons o&#249; l'on pouvait discuter d'int&#233;r&#234;ts politiques ou professionnels, lire, se restaurer et surtout jouer et se d&#233;lasser.
Sortes de clubs priv&#233;s, l'on y entrait sur pr&#233;sentation d'un ou deux membres. L'admission se faisait par vote. Ces cercles constituaient en quelque sorte des &#238;lots sociaux, avec leurs propres structures, &#233;chappant &#224; la surveillance publique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux de ces tr&#232;s anciens cercles - on les appelait &#231;arcles, ont subsist&#233; jusqu'&#224; nos jours : le cercle des grenadiers devenu &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cercle des Vieux-Grenadiers (1749)&lt;/strong&gt;, et l'aristocratique Cercle de la Rive, aujourd'hui &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cercle de la Terrasse (1754)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; LES CERCLES ENTRENT DANS LA TOURMENTE REVOLUTIONNAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces cercles, nombreux &#224; Gen&#232;ve, vont prendre une part tr&#232;s active dans les troubles qui agit&#232;rent le XVIIIe si&#232;cle genevois. Les affrontements politiques des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Repr&#233;sentants&lt;/strong&gt; (bourgeoisie d'opposition) avec le pouvoir d&#233;tenu par quelques familles aristocratiques conservatrices, les revendications (chaque fois repouss&#233;es) des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Natifs&quot;&lt;/strong&gt; et &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Habitants &#187;&lt;/strong&gt; tenus &#224; l'&#233;cart des droits civiques et &#233;conomiques, vont faire basculer un r&#233;gime solidement mis en place depuis la R&#233;forme. Les cercles, nous allons le voir vont jouer un r&#244;le d&#233;terminant lors des affrontements r&#233;volutionnaires. Plusieurs membres de cette opposition bourgeoise d&#233;&#231;ue et ne r&#233;ussissant pas &#224; se faire entendre s'exileront volontairement ou seront bannis (voir notre article : &lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article20&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Voltaire au secours des cabinotiers&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;)
On retrouvera plusieurs descendants de ces familles exil&#233;es parmi les premiers membres de la future Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1770 &#224; 1790&lt;/strong&gt;, p&#233;riode de graves troubles politiques, les cercles jouent parti contre parti dans une situation &#224; demi-r&#233;volutionnaire. Le gouvernement aristocratique a de plus en plus de peine &#224; se faire entendre. Les cercles de l'opposition (Repr&#233;sentants et Natifs), parfois engag&#233;s violemment, gagnent la rue alors que les cercles li&#233;s au pouvoir, tel le Cercle de Boisy (actuel Cercle de la Terrasse), se relayent pour assurer l'ordre et appuyer le gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;volution qui gronde en France gagne Gen&#232;ve. Le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; 28 septembre 1792&lt;/strong&gt;, l'opposition entre dans la mouvance r&#233;volutionnaire et renverse les anciennes autorit&#233;s. C'est la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;volution genevoise&lt;/strong&gt;. Les tribunaux r&#233;volutionnaires se mettent en place. Les membres de certains cercles, tel le Cercle de Boisy, paient un lourd tribut. Une nouvelle constitution d&#233;mocratique est vot&#233;e, accordant la citoyennet&#233; &#224; tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la r&#233;volution fran&#231;aise d&#233;borde les fronti&#232;res et Gen&#232;ve est contrainte de se r&#233;unir &#224; la France.
Pendant 14 ans, Gen&#232;ve vivra sous occupation fran&#231;aise (1798 - 1813).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finie l'ind&#233;pendance si ch&#232;re aux Genevois. Paris va mettre la ville sous surveillance &#233;troite. Les soup&#231;ons de l'occupant se portent sur les cercles encore existants dont on exige l'inventaire et qui font montre d'all&#233;geance pour subsister.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les anciens cercles sont suspect&#233;s et supprim&#233;s par &quot;ordre&quot;, d'autres changent de nom, histoire de se camoufler&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; LA RESTAURATION GENEVOISE : RETOUR AU POUVOIR DE LA BOURGEOISIE&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1813, Bonaparte recule sur tous les fronts. En secret, &#224; Gen&#232;ve, les membres des cercles aristocratiques sentent le moment propice pour prendre les choses en mains. Anciens magistrats, ex-syndics et aristocrates &#233;bauchent clandestinement un gouvernement provisoire et prennent le risque, apr&#232;s avoir obtenu en douceur le d&#233;part de l'occupant fran&#231;ais, de proclamer ouvertement l'ind&#233;pendance de la R&#233;publique le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;31 d&#233;cembre 1813.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est la Restauration genevoise, un retour &#224; l'Ancien R&#233;gime, p&#233;riode de tranquillit&#233; retrouv&#233;e, avec au pouvoir un Conseil d'Etat aristocratique et fort.
L'ann&#233;e suivante &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(1814)&lt;/strong&gt;, Gen&#232;ve est accept&#233;e dans la Conf&#233;d&#233;ration, rompant son isolement dans la nouvelle Europe qui s'organise et s'assurant de nouvelles fronti&#232;res prot&#233;g&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans une situation de calme revenu, de pacification sociale que la plupart des cercles existants vont reprendre une tranquille activit&#233;. Fini les d&#233;bats politiques ou religieux. On peut &#224; nouveau, dans les cercles, s'y divertir, jouer, lire, se retrouver entre gens de m&#234;me compagnie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans ce climat que se cr&#233;e la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire en 1816.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On partait du constat qu'il n'y avait parmi les cercles existants pas un seul qui f&#251;t consacr&#233; &#224; la litt&#233;rature dans une ville qui avait manifest&#233; presque toujours un go&#251;t tr&#232;s vif pour les belles-lettres. Pour preuve, les importantes &#233;ditions dat&#233;es de Gen&#232;ve au XVIe si&#232;cle et au XVIIe si&#232;cle, puis l'arriv&#233;e d'un Voltaire et la formation d'un Rousseau au XVIIIe si&#232;cle. Puis Gen&#232;ve ne connaissait gu&#232;re les conf&#233;rences publiques, les r&#233;citals ou auditions. Les talents pourtant ne manquaient pas. La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire voulut combler ce vide.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; LES DEBUTS DE LA SOCIETE LITTERAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le docteur &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Jurine (1751 - 1819)&lt;/strong&gt;, scientifique de renom et professeur de zoologie &#224; l'Acad&#233;mie qui prit l'initiative de r&#233;unir chez lui une quarantaine de professeurs, de docteurs en m&#233;decine, de chirurgiens, de juristes, de litt&#233;rateurs, de n&#233;gociants ou de simples rentiers pour discuter de l'&#233;ventuelle fondation d'une soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_149 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L210xH324/Louis-Jurine-67d15.gif' width='210' height='324' alt=&quot;&quot; style='height:324px;width:210px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voulait surtout &#233;viter les d&#233;bats politiques, les r&#233;unions savantes, les discussions d'affaire ou de commerce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; C'est principalement de notre agr&#233;ment que nous voulons nous occuper ; c'est une soci&#233;t&#233; d'hommes paisibles, doux, &#233;clair&#233;s [soulign&#233;] que nous d&#233;sirons former, dans laquelle chacun des membres puisse y trouver (comme l'on dit) &#224; qui parler ; que l'&#233;rudit, le savant, puisse &#234;tre appr&#233;ci&#233;, entendu, &#233;cout&#233;, avec cette attention et ces &#233;gards que lui m&#233;ritent ses travaux, et sa complaisance &#224; en communiquer les fruits ; que le jeune homme modeste et avide d'instruction puisse, sans crainte d'&#234;tre indiscret, questionner et apprendre ; que l'artisan, le n&#233;gociant, trouvent aussi des renseignements et des avis utiles ; enfin que tous les membres de cette soci&#233;t&#233;, sans distinction d'&#226;ge, d'&#233;tat ou de fortune, puissent trouver dans son organisation, des aliments &#224; ses go&#251;ts et aux divers genres de distraction ou de d&#233;lassement qui lui seront agr&#233;ables&quot; (M. Deonna, membre fondateur).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Solennellement fond&#233;e &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; le 6 juin 1816&lt;/strong&gt;, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire se dote la m&#234;me ann&#233;e de statuts.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les statuts de 1816&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces statuts (avec les ajouts post&#233;rieurs ) nous permettent de comprendre le fonctionnement et l'esprit du cercle :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire est une r&#233;union d'hommes paisibles et tol&#233;rants.
Son but essentiel est de jouir des agr&#233;ments que peuvent procurer des rapports habituels et journaliers, et des moyens d'instruction [et de distraction (1836)] puis&#233;s
1&#176; Dans la lecture des meilleurs ouvrages de litt&#233;rature, tant anciens que modernes.
2&#176; Dans celle des journaux, et des ouvrages p&#233;riodiques les plus accr&#233;dit&#233;s dans les arts, les sciences et les lettres.
3&#176; Dans les s&#233;ances litt&#233;raires [et musicales (1836)]&quot; (article premier).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A propos des &quot; s&#233;ances litt&#233;raires&quot;, les statuts pr&#233;cisent que
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &#171; La Soci&#233;t&#233; sera r&#233;unie en Ath&#233;n&#233;e une fois par mois ou environ. Dans cette s&#233;ance, chaque membre est admis &#224; lire ou r&#233;citer quelque morceau relatif aux arts, aux sciences, ou aux lettres, soit de sa composition, soit simplement extrait ou traduit d'une langue morte ou vivante&quot; (article 35).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A partir de 1841 on parlera de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;s&#233;ances litt&#233;raires et musicales&quot;&lt;/i&gt;. Les expos&#233;s ou po&#232;mes sur les sujets les plus divers (des invit&#233;s pouvaient aussi se produire), les parties musicales ou chant&#233;es attir&#232;rent un public nombreux. Les dames pouvaient y assister sur invitation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'admission dans la Soci&#233;t&#233; se faisait par parrainage, moyennant une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; mise d'entr&#233;e &#187;, une contribution annuelle et un don de livres &#171; de la valeur de vingt francs au moins pour la biblioth&#232;que &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#232;glement de police pr&#233;cisera &#233;galement les heures d'ouverture du local :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &#171; tous les jours, d&#232;s le matin, et jusqu'&#224; 11 heures du soir au plus tard... &#187;&lt;/i&gt;
Quant au local lui-m&#234;me, il comprendra &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; une grande salle pour la conversation et les assembl&#233;es, une salle pour la biblioth&#232;que et la lecture (o&#249; doit r&#233;gner le plus entier silence), une salle de billard, et une salle, s&#233;par&#233;e des autres, sp&#233;cialement destin&#233;e aux fumeurs et o&#249; il y aura aussi un billard &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_150 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L449xH283/Soc.Lit.billards-7899b.gif' width='449' height='283' alt=&quot;&quot; style='height:283px;width:449px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les jeux, billard et cartes &#233;taient payants et contribuaient aux finances de la Soci&#233;t&#233;. Outre la biblioth&#232;que, de nombreuses revues et journaux &#233;taient &#233;galement mis &#224; disposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La premi&#232;re p&#233;riode de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire fut pleine d'enthousiasme.
Une centaine de personnes se pressaient dans les salons. Les s&#233;ances, litt&#233;raires mensuelles, les &quot;Ath&#233;n&#233;ennes &#187; comme on les appelait, eurent un tel succ&#232;s qu'il fallut restreindre le nombre d'invitations. Elles &#233;taient souvent suivies d'une collation. A cette activit&#233; litt&#233;raire s'ajoutaient des activit&#233;s plus mondaines : d&#238;ners mixtes, soir&#233;es dansantes, un grand bal annuel, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &#171; le plus attendu et le plus &#233;l&#233;gant de toute la ville&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La plupart des invit&#233;s de marque &#224; Gen&#232;ve, &#233;crivains comme Stendhal, princes ou altesses, tiendront &#224; assister au moins une fois &#224; ces r&#233;unions litt&#233;raires.
La Soci&#233;t&#233; compta tr&#232;s vite une centaine de membres. Profond&#233;ment genevoise et patriotique, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire avait habitude de c&#233;l&#233;brer l'Escalade par un banquet annuel traditionnel accompagn&#233; de lectures de textes comm&#233;moratifs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des membres influents&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les membres fondateurs de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire faisaient partie de l'&#233;lite intellectuelle de la Cit&#233;. Beaucoup venaient des professions lib&#233;rales et de la nouvelle bourgeoisie issue de la Restauration. Outre scientifiques, professeurs, m&#233;decins, banquiers, pasteurs, n&#233;gociants ais&#233;s, rentiers, on comptait aussi plusieurs membres du nouveau Conseil Repr&#233;sentatif, d'anciens sympathisants r&#233;volutionnaires (certains m&#234;me avaient si&#233;g&#233; dans les tribunaux r&#233;volutionnaires).
. Ainsi &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;J.-F. Chaponni&#232;re (1769 - 1856)&lt;/strong&gt; qui succ&#233;da &#224; Louis Jurine, et fut de longues ann&#233;es pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233;. N&#233; &#224; Gen&#232;ve, il fut &#233;lev&#233; &#224; Constance, son p&#232;re ayant fui les troubles politiques de 1782 (entre les Repr&#233;sentants bourgeois d&#233;savou&#233;s et le gouvernement en appelant &#224; la France). J.-F. Chaponni&#232;re revint &#224; Gen&#232;ve en 1789, prit part au mouvement r&#233;volutionnaire, si&#233;gea au tribunal r&#233;volutionnaire et s'opposa &#224; l'annexion &#224; la France. Apr&#232;s la Restauration, date de la fondation de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, il abandonna les affaires politiques et devint un des fondateurs du Journal de Gen&#232;ve (1826), journal cr&#233;&#233; sur l'initiative de James Fazy.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Lazare Delaplanche (1765 - 1842)&lt;/strong&gt; fut ancien ministre de la R&#233;publique de Gen&#232;ve &#224; Paris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autre membre fondateur : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Isaac Bourdillon (1758 - 1820)&lt;/strong&gt;, adepte enthousiaste des id&#233;es r&#233;volutionnaires. Il fut le pr&#233;sident de la Commission r&#233;volutionnaire et du second tribunal r&#233;volutionnaire en 1794 et s'effor&#231;a par la suite de justifier sa conduite durant les &#233;v&#233;nements tragiques de la r&#233;volution genevoise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Alexandre Couronne&lt;/strong&gt; , membre du gouvernement provisoire de 1814, deviendra quelques ann&#233;es plus tard membre de la Soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme on le voit, certains des membres fondateurs provenaient de familles bourgeoises et ais&#233;es et restaient tr&#232;s attach&#233;s aux valeurs d&#233;mocratiques et r&#233;publicaines.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; DE LA DOUANE DU MOLARD A LA CORRATERIE &lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Le Molard 1816 - 1831&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_148 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L333xH257/Douane-francaise_-Molard-131f8.gif' width='333' height='257' alt=&quot;&quot; style='height:257px;width:333px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier local de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire se situa au Molard, au premier &#233;tage de l'ancienne Douane fran&#231;aise (au bord du lac) alors que le Molard &#233;tait encore un port. La b&#226;tisse fut d&#233;molie en 1833 lors des grands travaux entrepris de 1820 &#224; 1835 pour gagner sur le lac afin d'y &#233;tablir de grands quais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La Rue du Rh&#244;ne 1831 - 1876&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1831&lt;/strong&gt; la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, contrainte &#224; d&#233;m&#233;nager, trouva de nouveaux locaux &#224; quelques centaines de m&#232;tres de l&#224;. Les frais d'installation, le loyer, les transformations n&#233;cessaires pour pallier la v&#233;tust&#233; des lieux engag&#232;rent des sommes consid&#233;rables que l'on finan&#231;a en partie par un grand bal. En 1827, la biblioth&#232;que renfermait d&#233;j&#224; 2654 volumes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les locaux on y jouait, causait mais il &#233;tait &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;interdit de fumer&lt;/strong&gt;. Cette interdiction donna lieu d&#232;s le d&#233;but &#224; des plaintes et des contestations. Les d&#233;bats passionn&#233;s sur ce sujet faillirent amener la dissolution de la Soci&#233;t&#233;. En janvier 1839, le Comit&#233; convoqua une Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire o&#249; cette &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;grave question de la fumerie&quot;&lt;/i&gt; serait seule discut&#233;e et d&#233;finitivement tranch&#233;e. On trouva de justesse la solution en r&#233;servant une salle ind&#233;pendante pour les fumeurs.
Ces mesures furent att&#233;nu&#233;es quelques ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1846&lt;/strong&gt;, (ann&#233;e de la r&#233;volution radicale), une cinquantaine de membres du &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cercle du Commerce&lt;/strong&gt; pr&#232;s de se dissoudre suite &#224; des dissensions internes demand&#232;rent leur admission dans la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire et 25 d'entre eux furent re&#231;us. Dans cette ann&#233;e tourment&#233;e de 1846, le Comit&#233; organisa une collecte pour secourir les bless&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1848 une trentaine de journaux et revues de divers horizons &#233;taient recens&#233;s. On y trouvait les principales gazettes de France et de Suisse romande ainsi que les rares revues &#224; para&#238;tre. Les lecteurs, nombreux, devaient s'inscrire au pr&#233;alable.
De nouveaux membres venus du &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cercle des Mignons&lt;/strong&gt; furent &#233;galement admis en 1859.
Mais l'on craignit un trop fort accroissement et l'on limita le nombre d'adh&#233;rents &#224; 180.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire resta dans la rue du Rh&#244;ne durant quarante quatre ans.
A son activit&#233; litt&#233;raire s'ajout&#232;rent d&#238;ners mixtes, soir&#233;es dansantes, un bal annuel r&#233;put&#233; ainsi qu'un arbre de No&#235;l pour les enfants. Des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;bals d'enfants&quot;&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;bals de la Litt&#233;raire&quot; &lt;/i&gt;avaient lieu chaque hiver pour les jeunes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1865&lt;/strong&gt;, les soir&#233;es litt&#233;raires qui avaient lieu surtout l'hiver avaient pratiquement disparu. Biblioth&#232;que, jeux divers (cartes et billards), salle de rencontre et de lecture &#233;taient devenus l'activit&#233; principale de la Litt&#233;raire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les salons de la Corraterie 1876 - 2006&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1876, le local de la rue du Rh&#244;ne, situ&#233; au deuxi&#232;me &#233;tage, trop exigu, difficile &#224; chauffer, et suite &#233;galement aux relations tendues avec les locataires voisins, on se mit en qu&#234;te d'un autre endroit. Il fut question de construire en l'Ile (&#224; l'emplacement de l'actuelle maison Vacheron), mais les ench&#232;res mont&#232;rent si haut... On se reporta sur l'immeuble appartenant &#224; Th&#233;odore de Saussure, (qui deviendra par la suite membre de la Soci&#233;t&#233;), &#224; la Corraterie, face au Mus&#233;e Rath. L'immeuble, reconstruit quelques ann&#233;es auparavant, fut dot&#233; au premier &#233;tage d'un salon aux magnifiques boiseries, de plusieurs chambres avec v&#233;randa et terrasse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les frais de reprise, le loyer et les transformations n&#233;cessaires mirent la Soci&#233;t&#233; en difficult&#233; interne, de sorte qu'il fallut liquider la dette entre les membres ce qui finalement se fit en 1896.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1916&lt;/strong&gt;, cent ans apr&#232;s, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la biblioth&#232;que renfermait environ 8000 volumes&lt;/strong&gt;, &quot;sorte de cabinet de lecture circulante&quot;, constamment enrichie par des dons et des legs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme toute soci&#233;t&#233; humaine, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire subit la morsure du temps. Elle n'&#233;tait plus tout &#224; fait ce qu'elle avait &#233;t&#233; dans ses d&#233;buts. En cent ans, reconna&#238;t en 1916 le pr&#233;sident en exercice, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire a &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;fortement &#233;volu&#233;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Elle ne m&#233;rite m&#234;me presque plus son ancien et glorieux nom de Litt&#233;raire, les soir&#233;es &quot;ath&#233;n&#233;ennes&quot; du d&#233;but de son existence, ont chang&#233;, peu &#224; peu, de nature, et sont devenues des &quot;soir&#233;es de dames&quot;, c'est-&#224;-dire, des soir&#233;es &#233;l&#233;gantes et mondaines, o&#249; des artistes ou des amateurs &#233;trangers sont charg&#233;s d'amuser ou de distraire un auditoire de dames, souvent un peu distraites, attendant avec impatience la seconde partie. En effet, souvent la partie litt&#233;raire et musicale est suivie d'une seconde partie dite &quot;dansante&quot;. Par un ph&#233;nom&#232;ne facile &#224; comprendre, l'accessoire est devenu le principal, et les soir&#233;es litt&#233;raires se sont modifi&#233;es par la force des choses, en soir&#233;es dansantes, tr&#232;s courues et tr&#232;s brillantes.&quot; (L.-J. Th&#233;venaz)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; continua d'ouvrir ses portes aux &#233;trangers de passage &#224; Gen&#232;ve, partageant ses &#171; go&#251;ts simples et bourgeois &#187;. En 1914, sur 125 membres actifs, 20 &#233;taient &#233;trangers et provenaient de quatorze nationalit&#233;s diff&#233;rentes. Chaque ann&#233;e on continuait de f&#234;ter l'Escalade par un banquet r&#233;unissant les membres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#233;v&#233;nement vint perturber l'atmosph&#232;re paisible de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire : la d&#233;confiture de la Banque de Gen&#232;ve en &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1931&lt;/strong&gt;qui suscita discussions, controverses et dissensions en son sein. Plusieurs administrateurs de cette banque &#233;taient en effet membres de la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; LA SOCIETE LITTERAIRE AUJOURD'HUI&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les activit&#233;s litt&#233;raires, concurrenc&#233;es par les multiples manifestations similaires dans la ville, ont c&#233;d&#233; le pas, et c'est finalement le bridge qui l'a emport&#233;. La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire se veut toujours &#171; un cercle d'hommes heureux de se retrouver r&#233;guli&#232;rement, soit &#224; la table de bridge, soit &#224; celle de la salle &#224; manger o&#249; l'excellence de la ch&#232;re est depuis longtemps reconnue &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La biblioth&#232;que a un peu perdu de son importance. Les besoins ont chang&#233;. Mais, depuis quelques ann&#233;es, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire entend renverser la vapeur et renouer avec son pass&#233; et ses activit&#233;s litt&#233;raires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis 1998, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire s'est fait conna&#238;tre du grand public par l'attribution d'un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;prix litt&#233;raire annuel&lt;/strong&gt; qui r&#233;compense un roman, au sens large du terme, des nouvelles, un r&#233;cit ou un ouvrage historique d'un auteur vivant, originaire ou habitant la Suisse. Catherine Fuchs, Jacques-Etienne Bovard, Jean-Marc Pasquet, Serge Bimpage, Anne Thurler, Selajdin Doli , et en 2005, Daniel de Roulet, ont &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; (qui ne compte que des hommes) est forte d'environ 180 membres.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; L'AUBERGE DE LA MERE ROYAUME, NOUVEAU CADRE POUR LA SOCIETE LITTERAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire - ou la Litt&#233;raire comme on l'appelle parfois, press&#233;e de quitter ses anciens locaux, va pouvoir s'installer &#224; la Rue des Corps-Saints dans l'auberge mise &#224; sa disposition par la Ville de Gen&#232;ve. Ce sreas chose faite d&#232;s le 1er juin 2006. Elle se trouvera ainsi dans l'une des plus anciennes rues de Saint-Gervais, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;quartier des anciens cabinotiers&lt;/strong&gt;, regroup&#233;s souvent en cercles et nourris de bonne litt&#233;rature. Rousseau, plein d'admiration, nous parle de ces ateliers comme de v&#233;ritables cabinets litt&#233;raires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parlant de son p&#232;re, Isaac Rousseau, horloger &#224; Saint-Gervais, et de sa passion pour la lecture, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rousseau&lt;/strong&gt; &#233;crit :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot; Je le vois encore vivant du travail de ses mains, et nourrissant son &#226;me des v&#233;rit&#233;s les plus sublimes. Je vois Tacite, Plutarque, et Grotius, m&#234;l&#233;s devant lui avec les instruments de son m&#233;tier&quot;.&lt;/i&gt;
Dans les cabinets horlogers de Saint-Gervais, on se passionnait en effet pour les philosophes, les historiens, les &#233;crits politiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Un horloger qui a le moindre petit talent pour &#233;crire [...] le cultive avec soin, et le soir, lorsque sa boutique est ferm&#233;e, court &#233;crire des articles qu'il vend aux journaux, ou des contes pour les jeunes filles, ou une explication de l'&#233;conomie politique, la science genevoise par excellence, ou une traduction de Ricardo, ou un commentaire sur Saint Mathieu pour tous les jours de l'ann&#233;e&quot;,&lt;/i&gt; observe Stendhal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les ateliers d'horlogerie, il arrivait qu'un apprenti ou une autre personne soit charg&#233;e, durant le travail, de faire la lecture aux ouvriers. Cette habitude cessera lorsque de nouvelles conditions de travail n&#233;cessiteront plus de r&#233;gularit&#233; et plus de productivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, par son imposante et riche biblioth&#232;que et par la reprise de ses s&#233;ances litt&#233;raires, entend bien renouer avec sa tradition pass&#233;e, au c&#339;ur d'un vieux quartier charg&#233; d'histoire, au bas des anciens ateliers de ces horlogers dont on se plaisait &#224; relever l'extraordinaire talent, la noblesse d'&#226;me et la culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En quittant la Corraterie o&#249; elle est install&#233;e dans ses meubles depuis 130 ans, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire devra quitter, &#224; regret, ses beaux salons aux magnifiques boiseries, et ses plafonds magnifiquement d&#233;cor&#233;s, mais conservera l'amiti&#233; chaleureuse de ses membres r&#233;unis r&#233;guli&#232;rement autour d'un g&#233;n&#233;reux repas. La salle &#224; manger a conserv&#233; une importance primordiale &#224; la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire : &#224; la fois moment de d&#233;tente, de rencontre, de bonne gastronomie et de lien fort entre les membres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Auberge de la M&#232;re Royaume&lt;/strong&gt;, par sa superficie, permettra de r&#233;server un espace pour les salons, caf&#233;s litt&#233;raires, salle &#224; manger r&#233;serv&#233;e aux membres de la Soci&#233;t&#233; ou mise &#224; disposition &#224; des tiers sur demande, et un autre espace qui fera office de brasserie ouverte au public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L' &lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article43&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Auberge de la M&#232;re Royaume&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, lieu convivial et &#224; l'enseigne historique, ne pouvait que convenir &#224; la Litt&#233;raire qui a depuis longtemps l'habitude de comm&#233;morer la f&#234;te de &lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article44&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;l'Escalade&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; au cours d'un grand repas traditionnel avec marmite, discours de circonstance, et invit&#233; d'honneur de la R&#233;publique. C'est &#233;galement devant l'Auberge de la M&#232;re Royaume que d&#233;filent en grand apparat chaque ann&#233;e autorit&#233;s et participants comm&#233;morant les &#233;v&#233;nements de l'Escalade de 1602.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire ne se veut pas une organisation &#233;litiste. Tout en gardant sa sp&#233;cificit&#233; propre, la distinction de ses membres, et son aspect bien genevois, elle veut saisir l'occasion de davantage s'ouvrir au public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;......&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Source :&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Notice historique sur la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire, Gen&#232;ve 1916&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Nos remerciements &#224; la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire pour son chaleureux accueil dans les salons de la Corraterie.&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>L'Escalade</title>
		<link>http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article44</link>
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		<dc:date>2005-11-28T08:47:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana LOU</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique34">SAINT-GERVAIS ET L'ESCALADE</category>


		<description>C'est dans une p&#233;riode de doute au sein de l'histoire europ&#233;enne qu'a eu lieu l'Escalade. La cit&#233; de Calvin doit se battre pour affirmer son identit&#233; particuli&#232;re et sa coh&#233;sion alors que la Maison de Savoie exerce de plus en plus de pression et que tous ceux qui la consid&#232;rent comme une cit&#233; h&#233;r&#233;tique oeuvrent contre elle. Cet &#233;v&#233;nement qui pourrait para&#238;tre anodin et noy&#233; par la politique des grandes puissances de l'&#233;poque s'av&#233;ra avoir un large retentissement. De nombreux documents (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;C'est dans une p&#233;riode de doute au sein de l'histoire europ&#233;enne qu'a eu lieu l'Escalade. La cit&#233; de Calvin doit se battre pour affirmer son identit&#233; particuli&#232;re et sa coh&#233;sion alors que la Maison de Savoie exerce de plus en plus de pression et que tous ceux qui la consid&#232;rent comme une cit&#233; h&#233;r&#233;tique oeuvrent contre elle. Cet &#233;v&#233;nement qui pourrait para&#238;tre anodin et noy&#233; par la politique des grandes puissances de l'&#233;poque s'av&#233;ra avoir un large retentissement. De nombreux documents furent &#233;crits &#224; ce sujet ainsi que des chansons populaires et une riche iconographie naquit, relatant les faits. Mais quelles ont &#233;t&#233; les raisons pour que cette tentative d'attaque sur la cit&#233; ait un tel rayonnement et continue encore &#224; &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e de nos jours ?&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Genevois cherchent la paix&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis 1589, la R&#233;publique de Gen&#232;ve &#233;tait en guerre avec le Duc de Savoie. Malgr&#233; ses tentatives Gen&#232;ve ne r&#233;ussit pas &#224; faire partie du corps h&#233;lv&#233;tique. Devant la r&#233;sistance des cantons catholiques pour son inclusion, elle se voit donc oblig&#233;e de chercher assistance ailleurs. Pendant les ann&#233;es qu'avait dur&#233; le conflit, la Ville, encercl&#233;e et s&#233;par&#233;e de la plus grosse partie de son arri&#232;re-pays par une fronti&#232;re politique renforc&#233;e d'une barri&#232;re religieuse, avait nou&#233; de puissantes alliances avec la France d'Henri IV et la R&#233;publique de Berne. Alliances qu'elle tenta d'utiliser alors que la France et l'Espagne &#233;taient sur le point de signer le trait&#233; de paix de Vervins en 1598, mettant fin &#224; la guerre s&#233;culaire entre ces deux maisons. Gen&#232;ve tente de se fire inclure dans ce trait&#233; pour mettre un terme, une bonne fois pour toutes, &#224; ses dissensions avec Charles-Emmanuel de Savoie. Pour ce faire, elle use de son alliance avec la France, mais son statut de ville h&#233;r&#233;tique jouera en sa d&#233;faveur ainsi que la volont&#233; de la Maison de Savoie d'assujettir la cit&#233;. S'en suivront plusieurs n&#233;gociations &#233;chelonn&#233;es dans le temps entre les membres de ce huis clos.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'une des plus significatives fut celle o&#249; le Duc de Savoie n&#233;gocia la r&#233;cup&#233;ration du pays de Gex et la Ch&#226;tellenie de Gaillard, occup&#233;s par les Genevois. Ces derniers demand&#232;rent au roi Henri IV de les leurs laisser en compensation d'une partie de la dette royale, faisant fi des exhortations pour qu'ils soient sur leurs gardes car ils se verraient ainsi entour&#233; de leur ennemi. Le trait&#233; de Lyon, entre la France et la Savoie rattachera donc, en 1601, le pays de Gex, &#224; la France, et le bailliage de Gaillard, entre Arve et lac et en cons&#233;quence une partie de celui de Ternier entre Arve et Rh&#244;ne, &#224; la Savoie. Gen&#232;ve se retrouve ainsi isol&#233;e, et sans bouclier de protection laissant le chemin libre aux troupes savoyardes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, le Trait&#233; de Lyon n'&#233;tait pas encore ratifi&#233;, que d&#233;j&#224; le Duc de Savoie &#233;laborait des projets de revanche dans lesquels Gen&#232;ve figurait en bonne place. La signature du trait&#233; le frustrait dans ses ambitions et atteignait aussi son prestige.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_144 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH364/Escuyer-459d4.gif' width='400' height='364' alt='GIF - 63.9 ko' style='height:364px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les projets de Charles-Emmanuel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les projets du Duc sur la ville ne rest&#232;rent pas longtemps secrets. Peu apr&#232;s le trait&#233; de Lyon, au printemps 1601, Charles de Simiane, seigneur d'Albigny, &#233;tait nomm&#233; lieutenant-g&#233;n&#233;ral de Son Altesse de Savoie. En ce nouveau venu, Charles-Emmanuel avait bien trouv&#233; l'homme qu'il lui fallait pour servir et, au besoin, mettre &#224; ex&#233;cution ses desseins. Pendant plus d'un lustre, c'est Albigny qui va &#234;tre l'&#226;me m&#234;me des projets du Duc contre Gen&#232;ve. Tandis que le Duc en sa capitale transalpine poursuit avec ent&#234;tement le jeu diplomatique qui doit lui assurer la complicit&#233; ou tout au moins l'indiff&#233;rence d'une Europe m&#233;fiante, sur place c'est Albigny qui aura &#224; charge de mettre ses r&#234;ves en action, de rassembler les troupes, de pr&#233;parer le mat&#233;riel, de reconna&#238;tre le terrain. Usant de ruse et de strat&#232;ge, il en viendra m&#234;me &#224; flatter les Genevois pour mieux servir ses desseins. Le Duc prendra des mesures &#233;conomiques (p&#233;ages) pour essayer &#224; nouveau d'isoler la ville ; les territoires avoisinants, les terres genevoises enclav&#233;es en Savoie, seront ramen&#233;s de force au catholicisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Albigny ne tardera pas &#224; user de ses talents pour trouver des intelligences solides sur place et lancer des reconnaissances, s'aventurant m&#234;me jusqu'en pied de muraille. Plusieurs desseins pour Gen&#232;ve na&#238;tront dans son esprit mais tous ne verront pas le jour ou alors seront vite avort&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_145 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH378/Dunki-efc98.gif' width='400' height='378' alt=&quot;&quot; style='height:378px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La nuit la plus longue&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'attaque originellement pr&#233;vue pour la Toussaint n'aura pas lieu &#224; cause des fortes pluies et des difficult&#233;s qui se sont accrues mais ce n'est pas pour autant qu'elle sera abandonn&#233;e ! Elle sera juste report&#233;e &#224; la nuit du 11 au 12 d&#233;cembre 1602. Le 11 d&#233;cembre au matin, un conseil de guerre a lieu o&#249; le plan d'attaque est expos&#233; aux chefs. Brunaulieu commandera le d&#233;tachement de l'Escalade proprement dit, qui aura pour t&#226;che de tenir le rempart, de forcer les portes int&#233;rieures et d'ouvrir du dedans les portes ext&#233;rieures au gros de l'ennemi ; celui-ci, sous les ordres d'Albigny, attendra &#224; Plainpalais le r&#233;sultat de cette premi&#232;re op&#233;ration et s'engouffrera dans la ville sit&#244;t la porte Neuve ouverte ; le Duc gardera en main la cavalerie &#224; une demi lieue de la ville. Quant aux contingents espagnols et napolitains, log&#233;s &#224; la Roche, ils formeront l'arri&#232;re garde et marcheront d&#232;s qu'on fera appel &#224; eux. Ce qui n'eut finalement jamais lieu. Le plan d'Albigny est habile, bien con&#231;u et use de ruse en confiant la mission de l'escalade p&#233;rilleuse &#224; une troupe d'&#233;lite dont il connaissait les sentiments vis-&#224;-vis de l'enclave calviniste : c'est la noblesse savoisienne, jadis &#233;troitement li&#233;e &#224; la vie de la cit&#233;, d&#233;poss&#233;d&#233;e de ses biens, titulaire des charges civiles de l'ancienne administration &#233;piscopale. Pendant ce temps, Gen&#232;ve ne se doute de rien et dort profond&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; les pr&#233;cautions prises par l'&#233;tat-major du Duc pour concentrer sans bruit les forces n&#233;cessaires, ces divers pr&#233;paratifs n'avaient pourtant pas pass&#233; toujours inaper&#231;us. De Grenoble, bien inform&#233;, Lesdigui&#232;res en avait avis&#233; les magistrats genevois, mais sa lettre ne fut remise &#224; Gen&#232;ve que le 14 d&#233;cembre, soit quarante-huit heures trop tard. Au cours de l'apr&#232;s-midi du 11, un cavalier inconnu se pr&#233;sente &#224; la porte Neuve, demande &#224; parler au capitaine du poste et lui dit &quot;je vous avise que vous vous teniez sur vos gardes, le duc de Savoie ne vous veut pas de bien&quot;. Malgr&#233; cet avertissement, aucune mesure ne sera prise au sein des fortifications.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre fait qui souligne que Gen&#232;ve ne tient pas compte des avertissements est l'&#233;v&#232;nement qui se produit le m&#234;me jour vers 7h du soir. Une patrouille rencontre pr&#232;s de Jargonnant Pierre Brasier, de Ch&#234;ne, qui vient avertir les Genevois qu'une quinzaine de cavaliers et quelques gens de pied sont arriv&#233;s &#224; Etrembi&#232;res et ont fait prisonniers ceux de la ville. L'avis est transmis correctement au portier de Rive, lequel avertit le syndic de la Garde, Philibert Blondel (qui, lors de cette transmission, pronon&#231;a la parole fameuse : &quot;Les Savoyards ne sont pas des oiseaux, on les verra venir ?&quot;). Sur cet avertissement, Blondel proposa au syndic Chabrey d'aller lui-m&#234;me, &#224; la t&#234;te d'une cinquantaine d'hommes, au secours des prisonniers et Chabrey, sagement, refusa d'ouvrir la ville de nuit apr&#232;s tous ces avis alarmants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des mesures seront tout de m&#234;me prises. On ferait faire des rondes et on augmenterait de dix &#224; douze le poste de la Maison de Ville. Mais le corps de garde de la porte Neuve, qui aurait pu &#234;tre renforc&#233;, demeure form&#233; de treize &#224; quatorze hommes. Des deux gu&#233;rites de la longue courtine qui va de la porte Neuve &#224; la Monnaie, l'une &#233;tait occup&#233;e par un soldat, l'autre vide depuis plus de dix ans. Enfin, les portes int&#233;rieures, qui &#233;taient munies de coulisses, ne semblent pas avoir &#233;t&#233; ferm&#233;es et les cha&#238;nes qu'on tendait au travers des rues en cas d'alerte ne furent pas mises en place.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_146 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH259/3beze-a8b10.gif' width='400' height='259' alt=&quot;&quot; style='height:259px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup plus grave encore fut l'insouciance de la patrouille du dehors qui avait rencontr&#233; Brasier &#224; Jargonnant. Ordonn&#233;e par Blondel lui-m&#234;me pour surveiller les abords de la Ville, elle avait re&#231;u et transmis ce premier avis. Mais au lieu de redoubler de vigilance, apr&#232;s avoir contourn&#233; le front des fortifications, soit les bastions de Saint-Antoine et du Pin, elle redescendit vers Saint-L&#233;ger et vers 8h du soir, rentra dans une petite capite. Deux hommes, quelques instants avant l'assaut, rentreront en ville par la porte de Rive sans avoir rien vu. Les autres seront coup&#233;s des murailles par les troupes savoyardes arriv&#233;es entre temps et pourront trouver refuge &#224; la Tour d'Arve o&#249; ils assisteront, sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;s, &#224; l'avance puis au reflux confus des assaillants, et rentreront en ville le lendemain matin, o&#249; une b&#233;nigne peine de vingt-quatre heures de prison sanctionnera seule leur n&#233;gligence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s la tomb&#233;e de la nuit, les troupes de Savoie reprennent leur marche directe sur Gen&#232;ve. A 22h, le gros venu d'Annecy et d'ailleurs a rejoint au pont d'Etrembi&#232;res les troupes amen&#233;es de Bonne par Albigny. Ils continuent leur avanc&#233;e tout en longeant l'Arve pour masquer le bruit des pi&#233;tinements. Ils arriveront &#224; Plainpalais sans que personne ne s'en rende compte. Comme l'avaient remarqu&#233; les espions les nuits pr&#233;c&#233;dentes, la longue courtine qui remonte du Rh&#244;ne &#224; la porte Neuve n'est particuli&#232;rement surveill&#233;e d'aucune sentinelle et les deux corps de garde qui la flanquent, &#224; Neuve et &#224; la Monnaie, sont trop &#233;loign&#233;s l'un de l'autre pour qu'entre deux rondes on y d&#233;c&#232;le facilement des remuements suspects. On dresse les &#233;chelles...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques dizaines de soldats d'&#233;lite munis d'&#233;chelles envelopp&#233;es de chiffons se glissent le long de la muraille et les plus agiles franchissent le parapet sans que le guet ait sonn&#233; l'alerte. La m&#232;re Royaume, une huguenote d'origine lyonnaise, voit soudain un soldat savoyard s'avancer dans la ruelle. Elle saisit sa marmite sur la cr&#233;maill&#232;re de l'&#226;tre, et d&#233;verse la soupe br&#251;lante sur les assaillants... L'alerte est sonn&#233;e. En h&#226;te, les intrus se pr&#233;cipitent de l'int&#233;rieur pour ouvrir les battants de la poterne et faire entrer les Savoyards mass&#233;s derri&#232;re. Mais c'est trop tard. Un garde du nom de Isaac Mercier se jette sur le taquet qui retient la herse et la fait tomber sur les assaillants qui se pr&#233;cipitaient sous le porche. La ville est sauv&#233;e. Les survivants de l'assaut - dont le comte de Sonnaz - seront pendus le lendemain avec force d&#233;monstrations de joie dans la plaine de Plainpalais, et leurs corps livr&#233;s aux injures des passants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les morts genevois&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du c&#244;t&#233; du camp genevois, il est temps, le lendemain matin, de panser les vingt-cinq bless&#233;s qui surv&#233;curent et de compter ses morts - au nombre de dix-sept. Le 14 d&#233;cembre, un cort&#232;ge solennel transportait les victimes &#224; leur derni&#232;re demeure, le cimeti&#232;re de Saint-Gervais et, malgr&#233; les habitudes calvinistes qui proscrivaient tout monument fun&#233;raire, le Conseil au d&#233;but de 1603 fit poser sur le mur septentrional du temple une plaque rappelant leur sacrifice et leurs noms. En 1895, les d&#233;pouilles seront inhum&#233;es dans un caveau creus&#233; dans la chapelle, d&#233;sormais dite de l'Escalade.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_147 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH290/Geneve-2be27.gif' width='400' height='290' alt=&quot;&quot; style='height:290px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#176;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#176;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#176;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les monuments d'art et d'histoire du canton de Gen&#232;ve - Gen&#232;ve, Saint-Gervais : du Bourg au Quartier,&lt;/i&gt; tome 2, WINIGER Anastazja, Soci&#233;t&#233; d'histoire de l'art en Suisse SHAS, Berne, 2001&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La M&#232;re Royaume, figures d'une h&#233;ro&#239;ne, XVII-XXI&#232;me si&#232;cle,&lt;/i&gt; WALKER Corinne avec la collaboration de ZUMKELLER Dominique, Soci&#233;t&#233; d'histoire de la Suisse Romande, Georg, 2002&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Escalade de Gen&#232;ve 1602, Histoire et tradition,&lt;/i&gt; BLONDEL Louis, RUCHON Fran&#231;ois, Alexandre Julien Editeur, Gen&#232;ve, 1952&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>1921 Marcel Gentile</title>
		<link>http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article15</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article15</guid>
		<dc:date>2005-11-18T13:24:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor Salamin</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique35">Marcel Gentile, typographe</category>


		<description>C'est l'un des derniers typographes. Il a parcouru toutes les &#233;tapes de l'&#233;volution de l'imprim&#233;. Mais la profession est depuis de nombreuses ann&#233;es en crise, supplant&#233;e par l'informatique. Rares sont encore ceux qui connaissent les subtilit&#233;s de l'art typographique. Marcel en fait partie. Perle de plus en plus rare, car les derniers typographes de m&#233;tier disparaissent les uns apr&#232;s les autres, et la rel&#232;ve dans un domaine qui &#233;tait, il y a peu de temps encore, une profession reconnue ne (...)

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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;Marcel Gentile, typographe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est l'un des derniers typographes. Il a parcouru toutes les &#233;tapes de l'&#233;volution de l'imprim&#233;. Mais la profession est depuis de nombreuses ann&#233;es en crise, supplant&#233;e par l'informatique. Rares sont encore ceux qui connaissent les subtilit&#233;s de l'art typographique. Marcel en fait partie. Perle de plus en plus rare, car les derniers typographes de m&#233;tier disparaissent les uns apr&#232;s les autres, et la rel&#232;ve dans un domaine qui &#233;tait, il y a peu de temps encore, une profession reconnue ne se fait plus. Chaque ann&#233;e plusieurs imprimeries ferment leur porte &#224; Gen&#232;ve. La fin d'un m&#233;tier ? s'interrogeait la Tribune de Gen&#232;ve du 20 octobre 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les techniques nouvelles ont eu raison du plomb de Gutenberg, sauf &#233;videmment &#224; l'Imprimerie des Arts o&#249; nous maintenons ce patrimoine en activit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel Gentile, un ma&#238;tre en typographie&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel, homme simple, affable, d'une connaissance typographique immense, toujours souriant, de conseil s&#251;r, est &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;une double m&#233;moire vivante&lt;/strong&gt; : celle d'une (longue) vie de pratique typographique et celle d'une enfance pass&#233;e dans notre quartier, &#224; la rue des Corps-Saints.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_134 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L250xH347/gentile-marcel-db5f0.gif' width='250' height='347' alt=&quot;&quot; style='height:347px;width:250px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;moire disions-nous, et le mot n'est pas trop fort. Qui mieux que lui pour dire le quartier, qui mieux que lui pour parler du m&#233;tier. Pench&#233; d'un oeil expert sur la qualit&#233; d'une composition, rep&#233;rant erreurs et anomalies typographiques, habile mieux que personne &#224; &quot;lever &quot; les caract&#232;res dans le composteur et &#224; les identifier imm&#233;diatement ! Et Dieu sait si ce travail n&#233;cessite du m&#233;tier.Un vrai ma&#238;tre en typographie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce petit homme, au regard malicieux, est typographe jusqu'au bout des doigts. Son &#226;ge ? Rien moins que quatre-vingt quatre ans ! L'esprit vif et affair&#233; quand il le faut, c'est lui que l'on croise tous les matins &#224; l'imprimerie pour ranger ou composer. Une perle, avons-nous dit, et cet homme de grande culture est dot&#233; d'une autre qualit&#233; : la modestie. Portrait flatteur ? Pas tant que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;- &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un enfant d'immigr&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel Gentile na&#238;t &#224; la rue des Corps-Saints en avril 1921. On peut dire : dans le vieux Saint-Gervais jauni de nos cartes postales. Enfant d'immigr&#233; comme son nom l'indique, mais qu'il prononce &#224; la fran&#231;aise. Son p&#232;re, (Giovanni Paolo Secondo !), on l'appelera Secondo, na&#238;t en 1889 dans le Pi&#233;mont, &#224; Masserano, treizi&#232;me et dernier enfant de la famille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vie difficile, orphelin tr&#232;s jeune avec une soeur faisant office de m&#232;re et subvenant au m&#233;nage en travaillant dans les rizi&#232;res. Le jeune Secondo Gentile choisit l'exil et d&#233;barque dans le canton de Neuch&#226;tel &#224; 16 ans (1905) avec son modeste outillage de cordonnier. A Vuiteboeuf d'abord, puis &#224; Concise o&#249; il s'&#233;prend de la fille du maire. Mais la guerre de 1914-1918 le rattrape et il est rappel&#233; en Italie dans les troupes du g&#233;nie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il retourne &#224; Concise apr&#232;s la guerre, le coeur en chagrin, car durant son absence sa fianc&#233;e est d&#233;c&#233;d&#233;e de la grippe espagnole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#224; Gen&#232;ve, o&#249; beaucoup d'immigrants italiens se trouvent d&#233;j&#224;, que nous retrouvons le p&#232;re de Marcel. C'est l&#224; qu'il va rencontrer une connaissance d'enfance, Regina Forzani, arriv&#233;e &#224; Gen&#232;ve en 1905 par l'interm&#233;diaire de son fr&#232;re, gar&#231;on-boucher d&#233;j&#224; install&#233; sur la place. Elle travaille comme femme de chambre dans l'h&#244;tellerie. Les Gentile se marient en mai 1920.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Du Caf&#233; de Saint-Gervais &#224; la Cordonnerie Gentile&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ann&#233;e suivante, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel&lt;/strong&gt; na&#238;t. Avec l'argent &#233;conomis&#233; par la m&#232;re de Marcel, les parents Gentile se lancent dans le commerce et ach&#232;tent, en 1920, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Caf&#233; de Saint-Gervais&lt;/i&gt; (qui porte toujours ce nom), &#224; l'angle rue Vallin - rue des Corps-Saints. Mais peu dou&#233;s pour les affaires et la comptabilit&#233;, ils sont contraints d' abandonner leur caf&#233; en 1926.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A deux pas de l&#224;, au n&#176; 5 de la rue des Corps-Saints, la cordonnerie Pagani (autre Italien) se lib&#232;re. M. Gentile p&#232;re reprend son m&#233;tier. C'est l&#224; qu'il tiendra boutique jusqu'en 1951 date &#224; laquelle on commencera &#224; d&#233;molir toutes les maisons donnant sur les Terreaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_137 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L177xH304/cordonnerie-Gentile-3-9ab00.gif' width='177' height='304' alt=&quot;&quot; style='height:304px;width:177px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre cordonnier trouvera ensuite, &#224; la rue de Cornavin 16, une petite pi&#232;ce au fond d'une all&#233;e aujourd'hui disparue pour faire place &#224; l'actuel b&#226;timent Manor. Le p&#232;re Gentile d&#233;c&#233;dera en 1982. La m&#232;re, Regina, s'est &#233;teinte en 1964.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_135 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L223xH347/cordonnerie-Gentile-2-9bc1c.gif' width='223' height='347' alt=&quot;&quot; style='height:347px;width:223px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le quartier vers 1930&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vers 1930, c'est l'&#233;poque de la jeunesse de Marcel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_142 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L444xH307/rue_Corps-Saints-5c156.gif' width='444' height='307' alt=&quot;&quot; style='height:307px;width:444px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La rue des Corps-Saints&lt;/strong&gt; est tr&#232;s commer&#231;ante. On y trouve petites boutiques et caf&#233;s. Et Marcel de les &#233;num&#233;rer dans l'ordre : au n&#176; 3 , c'&#233;tait chez Zeier (Caf&#233; de la Mairie du Faubourg, local du Cercle radical du Faubourg que fr&#233;quentait Louis Bron, d&#233;put&#233; et r&#233;dacteur du &lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article12&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Guguss&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;), puis &#224; c&#244;t&#233;, il y avait la fumisterie Radice ; au n&#176; 5, l'arcade de gauche &#233;tait occup&#233;e par une marchande de fruits et l&#233;gumes (la m&#232;re Chevalley), puis au fond de l' all&#233;e, on acc&#233;dait aux caves de l'h&#244;tel de la D&#233;brid&#233;e situ&#233;e sur les Terreaux ; &#224; l'arcade de droite du m&#234;me num&#233;ro, c'&#233;tait &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la cordonnerie Gentile&lt;/strong&gt; ; au n&#176; 7, il y avait &#224; l'entresol un handicap&#233;, Morandi, qui jouait de l'orgue de barbarie, et au sous-sol l'atelier du tonnelier Descombes, sp&#233;cialis&#233; dans les tonneaux de &quot;ch&#232;vre&quot; (boisson ferment&#233;e et mousseuse sous pression) ; au n&#176; 9, la Taverne de Saint-Gervais (aujourd'hui l'Auberge de la M&#232;re Royaume) ; au n&#176; 11, on trouvait le Caf&#233; du Cygne ; au n&#176;13 la boulangerie R&#228;ss, puis au n&#176; 15, la laiterie Gay ; au n&#176; 17, l'&#233;picerie Bourguignon avec ses chocolats et la boulangerie Stauffer...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_136 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L236xH230/rue-et-cordonnerie-c7d42.gif' width='236' height='230' alt=&quot;&quot; style='height:230px;width:236px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait &#233;couter Marcel encore longtemps...
Ah oui ! nous allions oublier l'autre c&#244;t&#233; de la rue des Corps-Saints !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Passons donc de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, num&#233;ros pairs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y avait &#224; l'&#233;poque au no 2 la charcuterie Waegell. Le patron &#233;tait grossiste et s'&#233;tait install&#233; l&#224; chass&#233; par les d&#233;molitions de la rue du Temple. Outre son laboratoire, il y avait aussi son magasin de vente ; suivait le no 4 dont une arcade &#233;tait occup&#233;e par la m&#232;re Livoti qui tenait une &#233;picerie-primeur et une autre arcade qui &#233;tait celle de l'entrepreneur Evard. On trouvait ensuite le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;caf&#233; de Saint-Gervais&lt;/strong&gt; - tenu un temps par les parents de Marcel qui logeaient au premier &#233;tage. Le caf&#233; faisait l'angle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la vogue&lt;/strong&gt; on suspendait les lampions, on enlevait des pav&#233;s dans la rue pour y dresser des sapins garnis de fleurs en papier ; aux balcons pendaient des anneaux de guirlandes en papiers color&#233;s que l'on confectionnait avec des chutes d'imprimerie ; des mats se dressaient dans la rue avec des fanions aux couleurs de Saint-Gervais (blanc et bleu).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le no 6 avait son entr&#233;e rue Vallin, mais trois arcades se trouvaient sur la rue des Corps-Saints : la laiterie Auberson faisait l'angle, puis suivait l'arcade &#171; chez Joseph, coiffeur &#187;, puis le d&#233;p&#244;t de vin Grigi (c'est l&#224; que venaient s'approvisionner les bras-pendants ; le vin &#233;tait tir&#233; du tonneau et se payait pas cher, 80 cts le litre) ; au no 8, l'&#233;picerie de Mme Canale occupait deux arcades, puis apr&#232;s l'all&#233;e, les deux arcades suivantes c'&#233;tait le marchand de v&#233;lo Simona (&#224; l'endroit de l'actuelle coiffeuse) ; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;au no 10, la laiterie Gal occupait l'emplacement de notre actuelle imprimerie&lt;/strong&gt;. (En d&#233;gageant les sols, nous avons retrouv&#233; et conserv&#233; les d&#233;limitations de l'ancien carrelage !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cordonnerie Gerold faisait suite. L'artisan y fabriquait les souliers de montagne &#233;quip&#233;s des r&#233;put&#233;s crampons &#171; tricouni &#187; invent&#233;s et produits &#224; Gen&#232;ve. L'horloger Reinhardt tenait l'arcade suivante (actuel coiffeur), qui avait nom &#171; au p&#233;clotier de Saint-Gervais &#187; ; suivait la mercerie Gascard avec son mat&#233;riel &#224; broder (arcade actuelle de M. Pesenti). L'all&#233;e-passage du no 10 conduisait aux appartements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au no 12, par un escalier ext&#233;rieur (que l'on peut voir sur les anciennes photos), on acc&#233;dait aux logements (le com&#233;dien Fran&#231;ois Simon logea un court temps au premier &#233;tage). A c&#244;t&#233; de l'escalier se trouvait l'entr&#233;e du marchand de fromage Rivaud. Au no 14, la m&#232;re Grigi vendait du charbon. Apr&#232;s l'actuel d&#233;crochement, on arrivait avec le no 16, sur la rue de Coutance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;picerie Ryhen faisait l'angle (comme actuellement la boutique Cord homme). L'&#233;picerie fut ensuite occup&#233;e par CHU (Comptoir des Habits Usag&#233;s), d&#233;but modeste des boutiques &#171; seconde main &#187; qui aujourd'hui fleurissent. La grande et belle fontaine qui a aujourd'hui disparu marquait le carrefour avec Coutance. C'&#233;tait l'&#233;poque du tram 3 (Cornavin-Champel-Petit-Saconnex) que l'on pouvait prendre rue Cornavin&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ah ! la belle &#233;cole...&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le caf&#233; remis, la famille Gentile va se loger au 29 de la rue Rousseau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;cole enfantine&lt;/strong&gt; s'effectue aux Terreaux, puis l'&#233;cole primaire &#224; la rue Necker. Une &quot;marmaille d'enfants&quot; couraient alors dans le quartier. La rue des Corps-Saints, la rue du Temple et le jardin de Saint-Jean servaient de place de jeux. Et surtout la place Grenus bien centr&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;ancien &#238;lot du Seujet ?&lt;/strong&gt; Marcel se rappelle qu'enfant il le traversait &quot;en vitesse&quot;, car &quot;on avait la trouille&quot; : les ruelles &#233;taient &#233;troites, sales, d&#233;labr&#233;es, certains appartements inoccup&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les enfants allaient p&#234;cher les sardines debout sur l'&quot;&#233;puisoir&quot; (rampe) qui s'avan&#231;ait dans le Rh&#244;ne, sous lepont, au pied de la Coulou. &#224; c&#244;t&#233; du bateau-lavoir. La rue des Moraines, en hiver, servait de piste de luge. Situ&#233; au bas de cette m&#234;me rue se trouvait le dernier bateau-lavoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on commen&#231;a &#224; d&#233;molir le quartier du Seujet, on vit une invasion de rat sortir des vieilles b&#226;tisses. Et sur le terrain rest&#233; longtemps vague et que les enfants appelaient &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;les d&#233;mos&quot;&lt;/strong&gt;(les d&#233;molitions), on trouva encore longtemps de gros cailloux. Et l'hiver, on y glissait sur la neige.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup d'enfants d'italiens&lt;/strong&gt; peuplaient le quartier, enfants d'ouvriers qui, pour la plupart, travaillaient dans le b&#226;timent. Le samedi, jour de paie, on envoyait les enfants tirer leur p&#232;re par la manche au bistrot...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_143 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L250xH378/Bertola_-rue-du-temple1930--3f182.gif' width='250' height='378' alt=&quot;&quot; style='height:378px;width:250px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les cabinotiers ?&lt;/strong&gt; Marcel s'en souvient, mais ils &#233;taient tr&#232;s &#226;g&#233;s. Vers les ann&#233;es 30, l'horlogerie n'&#233;tait plus si importante &#224; Saint-Gervais, &quot;des restes, si l'on peut dire&quot;. C'&#233;tait surtout un quartier populaire avec ses ouvriers t&#226;cherons, manoeuvres, &#233;tameurs, vitriers, chiffonniers qui vendaient leur art &#224; la cri&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La grande f&#234;te, c'&#233;tait &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la vogue&lt;/strong&gt;. Ah ! la vogue de Saint-Gervais ! Tout le monde y participait. Il y avait des vogues dans chaque quartier. Les forains s'installaient. Il y avait bal &#224; la place Grenus ainsi qu'&#224; la place Chevelu ; les baraques foraines se pressaient &#224; la rue du Temple ou sur les &quot;d&#233;mos&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les maires de Saint-Gervais ?&lt;/strong&gt; C'&#233;tait folklorique. A c&#244;t&#233; du maire d&#233;filait le &quot;p&#233;tabosson&quot;, le garde-champ&#234;tre, un gars avec une moustache &#224; la Garibaldi et une blouse bleue, puis suivait la fanfare de Saint-Gervais.
Cette tradition de la Vogue a d&#251; s'arr&#234;ter &#224; la guerre de 39.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel se souvient aussi de ces p&#233;riodes difficiles de ch&#244;mage. Il revoit &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;les ch&#244;meurs&lt;/strong&gt; remontant Coutance et criant : &quot;du travail et du pain&quot;. Il se rappelle le &quot;kilo du ch&#244;meur&quot; : des camions qui passaient ramassant kilos de farine, de p&#226;tes ou d'autres vivres ... Pour les enfants, le yo-yo venait d'arriver...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La classe d'&#233;cole comprenait 20 &#224; 30 enfants. Marcel commence l'&#233;cole &#224; quatre ans. Pour les enfants du quartier, la colonie de Saint-Gervais offrait 6 semaines de vacances &#224; la Rippe. Marcel y fut une fois &#224; onze ans.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L' &quot;arp&#232;te&quot; ou l'apprenti typographe (1937 - 1941)&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais finie la jeunesse. Apr&#232;s le Coll&#232;ge moderne, Marcel a quinze-seize ans. Il s'agit de se mettre au boulot. Bien s&#251;r, les r&#233;sultats scolaires lui auraient ais&#233;ment permis de se rendre &#224; l'Universit&#233; (&#233;l&#232;ve dou&#233;, r&#233;guli&#232;rement r&#233;compens&#233; par un prix annuel), mais cela co&#251;tait cher &#224; l'&#233;poque et les bourses n'existaient pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donnant suite &#224; une annonce parue dans la Tribune de Gen&#232;ve, il est engag&#233; comme compositeur-typographe &#224; l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Imprimerie du Progr&#232;s&lt;/strong&gt;, rue des Alpes. Quatre ans d'apprentissage. Dur ?...non !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son premier salaire, c'est 1 fr par jour. En fin d'apprentissage (1941), changement de Direction dans l'imprimerie o&#249; travaille Marcel. Son nouveau patron est membre de la SSMI (Soci&#233;t&#233; suisse des Ma&#238;tres imprimeurs) et Marcel en profite pour se syndiquer &#224; la FST (F&#233;d&#233;ration suisse des typographes). Comme on veut le r&#233;engager &#224; un tarif inf&#233;rieur aux conventions de la branche, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel refuse&lt;/strong&gt; et conna&#238;t son premier ch&#244;mage. Huit mois durant lesquels il travaille comme aide dans la boucherie de son oncle &#224; Carouge.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Il y avait du travail, mais j'&#233;tais &#233;tranger.&quot; &lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel avait entrepris une demande de naturalisation et &#234;tre ch&#244;meur rendait la chose impossible. Il va donc travailler, &quot;sans &#234;tre pay&#233;&quot;, chez un imprimeur de Coutance, juste le temps de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La demande de naturalisation est repouss&#233;e par trois fois au Grand Conseil. La situation de guerre rendait les choses plus compliqu&#233;es. Des relations aidant, Marcel finit par pr&#234;ter serment au printemps 1942 devant le Conseil d'Etat, &quot;habill&#233; en dimanche&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il trouve aussit&#244;t, en mai 1942, un travail de six semaines comme typo &#224; la Tribune, le temps de remplacer le personnel momentan&#233;ment mobilis&#233;. Engag&#233; pour six semaines, Marcel restera 31 ans &#224; la Tribune.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1942 - 1973 : trente et un ans &#224; La Tribune de Gen&#232;ve !&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_139 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L431xH328/typistes_Tribune-2d89b.gif' width='431' height='328' alt=&quot;&quot; style='height:328px;width:431px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Tribune comptait alors une centaine d'ouvriers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel effectue un travail de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;compositeur-typo&lt;/strong&gt;. Il s'est mari&#233; en 1947 et il faut nourrir sa petite famille qui habite maintenant &#224; l'avenue Sainte-Clotilde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour am&#233;liorer l'ordinaire et pour conna&#238;tre autre chose, Marcel demande &#224; apprendre le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;clavier monotype&lt;/strong&gt;. Il b&#233;n&#233;ficie ainsi d'un meilleur salaire et d'un horaire r&#233;duit &#224; 44 heures au lieu des 48 heures usuels par semaine. &quot;D'accord pour le clavier, r&#233;pond son patron, si &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vous apprenez le russe !&lt;/strong&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les travaux pour les organisations internationales, - les plus gros clients des imprimeurs, et notamment pour l'OMS, n&#233;cessitaient des versions imprim&#233;es en plusieurs langues. Marcel se met au russe et prend des le&#231;ons. Nous sommes au d&#233;but 1949.
Ce sont alors 12 clavistes et 6 fondeuses qui s'activent &#224; la rue du Stand. Marcel occupera par la suite le poste de chef-claviste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et comme le grec et le russe se ressemblent beaucoup, lui a-t-on dit, c'est Marcel qui sera charg&#233; de taper, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;en copte sahidique&lt;/strong&gt;, langue des moines &#233;gyptiens du IVe si&#232;cle, les textes des papyrus de la Mer Morte, pour la collection Bodmer. Vingt huit volumes !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les techniques &#233;voluent&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel suit l'&#233;volution des techniques typographiques : A la Tribune, l'introduction du syst&#232;me binaire pr&#233;figurant l'informatique -&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;le GSA&lt;/strong&gt; (G&#252;ttinger Satz Automation), modifie les anciennes habitudes : une bande de papier &#224; 7 canaux ou diodes remplace le positionnement pneumatique et bruyant des matrices.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1967, Marcel part en Suisse allemande pour suivre des cours de formation. Il devient un des responsables du GSA.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_138 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L403xH301/GSA_Tribune-49606.gif' width='403' height='301' alt=&quot;&quot; style='height:301px;width:403px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il passe quinze jours &#224; Londres en 1968 pour s'initier aux nouvelles techniques qui passent du plomb au film. Ses connaissances de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la Monotype-film&lt;/strong&gt; ( qui deviendra le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Monotron&lt;/strong&gt;) vont lui permettre de former ensuite le personnel de l'entreprise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bient&#244;t on veut l'&#233;carter au profit des jeunes qu'il a form&#233;s. Marcel ne veut rien savoir. Il pr&#233;f&#232;re quitter la Tribune, s'engage chez &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Typelec&lt;/strong&gt; (qui sera vendu une ann&#233;e plus tard), puis entre chez ATAR comme &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;correcteur- tierceur&lt;/strong&gt; (derni&#232;re approbation avant le tirage d&#233;finitif).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Chez ATAR (1974 - 1986)&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'informatique pousuit ses premiers pas dans l'imprimerie et Atar installe &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;le MOPASS&lt;/strong&gt;, nouveau syst&#232;me &#233;lectronique. Marcel suit des cours chez Bobst.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'heure de la retraite approche. On l'invite &#224; prolonger son temps de travail : il y aurait encore quelques textes &#224; composer en russe... Refus cat&#233;gorique : &quot;La libert&#233; n'a pas de prix ! Pas un jour de plus ! &quot;, r&#233;torque Marcel qui quitte l'entreprise en &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1986, un 1er mai !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une retraite bien occup&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sa retraite, Marcel la veut active. Il cultive avec soin son jardin potager, et avec son &#233;pouse se passionne pour la collection de min&#233;raux. Quelle aventure et quelle collection !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La typographie ? Elle ne l'a pas quitt&#233;. Lorsque &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel Favre&lt;/strong&gt; s'installe &#224; la rue des Corps-Saints, notre Marcel qui l'a connu &#224; la Tribune lui rend visite r&#233;guli&#232;rement, tout en se rendant &#224; la cordonnerie de son p&#232;re. Une solide amiti&#233; finit par les lier. &quot;A l'occasion, avoue-t-il modestement, je lui donnai un coup de main...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_140 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L285xH466/MarcelFavre.Gentile-b90e2.gif' width='285' height='466' alt=&quot;&quot; style='height:466px;width:285px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Marcel Favre nous quitte en 2001&lt;/strong&gt;. Son compagnon de m&#233;tier Marcel Gentile accepte de faire le lien entre l'ancienne imprimerie (qu'il conna&#238;t bien) devenue patrimoine de l'Etat et l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Association Lettre et Image&lt;/strong&gt; qui anime aujourd'hui l'Imprimerie des Arts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si Marcel Gentile s'est mis &#224; l'ordinateur pour &#234;tre de son temps, c'est parce qu'il demeure un esprit curieux et ouvert. Mais la typographie l'habite toujours. Lorsqu'il parcourt les journaux, l'ignorance des r&#232;gles typographiques lui saute aux yeux &quot;et lui font grincer les dents&quot;. On vous l'avait dit, cet l'homme n'a de souci que pour le bel ouvrage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en tout cas une chance de pouvoir le compter parmi nous &#224; l'Imprimerie des Arts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le plus longtemps possible...&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous remercions Marcel pour ses souvenirs et ses documents photographiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Marcel Gentile nous parle de vive voix de son quartier. Il suffit de cliquer sous &quot;archives sonores&quot; dans la barre d'entr&#233;e du site.&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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		<title>L'auberge de la M&#232;re Royaume</title>
		<link>http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article43</link>
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		<dc:date>2005-11-16T13:14:29Z</dc:date>
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		<dc:creator>Victor Salamin</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique34">SAINT-GERVAIS ET L'ESCALADE</category>


		<description>L'auberge de la M&#232;re Royaume, v&#233;ritable institution genevoise, trouve de nouvelles lettres de noblesse en offrant ses locaux &#224; la v&#233;n&#233;rable Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire. &lt;br /&gt;L'actuelle auberge de la M&#232;re Royaume succ&#232;de probablement &#224; l'un de ces anciens caf&#233;s que comptait la rue des Corps-Saints, puisque l'on en d&#233;nombrait pas moins de 7 au milieu du XIXe si&#232;cle. &lt;br /&gt;Du Caf&#233; du Gr&#252;tli &#224; l'auberge de la M&#232;re Royaume &lt;br /&gt;Entre 1913 et 1924, rel&#232;ve Corinne Walker dans une page de son ouvrage sur la M&#232;re (...)


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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;SAINT-GERVAIS ET L'ESCALADE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;L'auberge de la M&#232;re Royaume, v&#233;ritable institution genevoise, trouve de nouvelles lettres de noblesse en offrant ses locaux &#224; la v&#233;n&#233;rable Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_133 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L372xH140/AubergeMereRoyaumeVisite-51ea8.gif' width='372' height='140' alt=&quot;&quot; style='height:140px;width:372px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'actuelle auberge de la M&#232;re Royaume succ&#232;de probablement &#224; l'un de ces anciens caf&#233;s que comptait la rue des Corps-Saints, puisque l'on en d&#233;nombrait pas moins de 7 au milieu du XIXe si&#232;cle.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Du Caf&#233; du Gr&#252;tli &#224; l'auberge de la M&#232;re Royaume&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Entre &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1913&lt;/strong&gt; et &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1924&lt;/strong&gt;, rel&#232;ve Corinne Walker dans une page de son ouvrage sur la M&#232;re Royaume, le caf&#233; sis &#224; l'emplacement de l'actuelle auberge s'appelait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Caf&#233; du Gr&#252;tli&lt;/i&gt; et abritait la soci&#233;t&#233; patriotique du m&#234;me nom.&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Cette enseigne prendra ensuite le nom de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Taverne de Saint-Gervais&lt;/i&gt; pour devenir, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;en 1942&lt;/strong&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'auberge de la M&#232;re Royaume&lt;/i&gt;. La propri&#233;taire, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marie Nicole&lt;/i&gt; fit d&#233;corer la grande salle bois&#233;e dans un style &quot;vieux genevois&quot;. &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le b&#226;timent au bas duquel se trouvait l'auberge faisait alors partie de la triple rang&#233;e d'immeubles constituant la butte des Terreaux et que l'on envisageait d'aplanir pour ouvrir une voie large de d&#233;gagement en direction de Cornavin.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; D&#232;s 1920, la municipalit&#233; avait commenc&#233; &#224; acheter les diverses parcelles. Entre 1952 et 1956 on commen&#231;a la d&#233;molition de tout le mas de maisons d'aspect m&#233;di&#233;val des anciens Terreaux-du-Temple, c'est-&#224;- dire toute la partie nord de la rue des Corps-Saints et de la rue de Cornavin. &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'architecte &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marc-Joseph Saugey&lt;/i&gt;, projetait de r&#233;aliser sur toute la surface d&#233;molie un immeuble moderne de verre et de b&#233;ton. Ce qui provoqua de vives r&#233;actions. Il r&#233;alisa toutefois son projet sur la partie rue de Cornavin, en &#233;difiant le long immeuble &quot;Terreaux-Cornavin&quot; (1952 - 1954). &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; Devant les r&#233;actions des citoyens, les autorit&#233;s municipales confi&#232;rent aux architectes &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;J.-P. Ador&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Payot&lt;/i&gt; la t&#226;che de trouver un compromis pour la partie concernant la rue des Corps-Saints. Le projet s'effor&#231;a de s'accorder avec l'esprit du quartier. On tenta de respecter le style et la hauteur des maisons voisines et d'harmoniser l'ensemble avec la proximit&#233; du Temple. On reconstitua l'architecture sous toit des anciens ateliers de cabinotiers. Il en r&#233;sulta des immeubles quelque peu hybrides et sans grand caract&#232;re. &lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'auberge r&#233;siste aux d&#233;molitions&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors des d&#233;molitions, on r&#233;ussit toutefois (gr&#226;ce &#224; la pression des habitants) &#224; &#233;pargner l'auberge de la M&#232;re Royaume au-dessus de laquelle on se contenta de reb&#226;tir. On lui conserva sa haute devanture bois&#233;e et asym&#233;trique. L'on commanda &#224; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jacques Wasem&lt;/strong&gt;, ma&#238;tre-verrier reconnu, le vitrail monumental donnant sur la rue des Corps-Saints, repr&#233;sentant la M&#232;re Royaume d&#233;versant sa marmite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auberge de la M&#232;re Royaume &#233;tait renomm&#233;e pour sa &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cuisine traditionnelle et r&#233;gionale&lt;/i&gt;. Elle manifestait dans un quartier enti&#232;rement reconstruit le souvenir d&#233;lib&#233;r&#233;ment maintenu d'un pass&#233; qu'on ne voulait oublier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans doute, la m&#232;re Royaume n'eut jamais ses fourneaux &#224; Saint-Gervais, mais qu'importait. Le caract&#232;re d&#233;cid&#233;, frondeur et fonceur des habitants de l'ancien Faubourg pouvait se reconna&#238;tre dans le geste de l'illustre h&#233;ro&#239;ne.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A l'enseigne d'une ic&#244;ne patriotique&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enseigne de la M&#232;re Royaume rappelle donc cette figure embl&#233;matique de la m&#233;moire genevoise, qui, lors de l'Escalade, tua un ennemi en jetant de sa fen&#234;tre un chaudron de fer. Ce geste de la m&#232;re Royaume, bri&#232;vement signal&#233; par les chroniques de l'&#233;poque, fut par la suite repris et amplifi&#233; au point de symboliser &#224; lui seul les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre 1602.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pot, devenu ensuite marmite emplie de l&#233;gumes imagin&#233;s, constituera l' ic&#244;ne centrale de la comm&#233;moration de l'Escalade. De la marmite h&#233;ro&#239;que &#224; l'auberge s&#233;rieuse et traditionnelle, le chemin n'est pas loin... m&#234;me s'il y a distance entre la demeure historique de la m&#232;re Royaume et l'auberge sise &#224; Saint-Gervais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notons que le lien de Saint-Gervais avec l'Escalade se retrouve &#224; deux pas de l&#224; : une dalle de pierre contre le mur de la chapelle de l'Escalade rappelle le nom des victimes genevoises inhum&#233;es dans l'&#233;glise. Une comm&#233;moration officielle s'y d&#233;roule d'ailleurs chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une cuisine... litt&#233;raire&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_132 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L196xH286/AubergeMereRoyaume-cartevis-2-ad9ad.gif' width='196' height='286' alt=&quot;&quot; style='height:286px;width:196px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces derniers temps, l'auberge de la M&#232;re Royaume resta ferm&#233;e suite &#224; des difficult&#233;s. Ce suppl&#233;ment d'&#226;me (et une bonne marmite) manquait &#224; la rue des Corps-Saints. C'est chose faite aujourd'hui puisque l'auberge de la M&#232;re Royaume va reprendre du service par l'interm&#233;diaire de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire&lt;/strong&gt; qui va investir ses locaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tr&#232;s attach&#233;e par son histoire au patrimoine genevois, la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire est tout &#224; fait habilit&#233;e &#224; faire revivre cette enseigne traditionnelle, r&#233;servant un espace &#224; la brasserie publique, et d'autres salles &#224; l'usage de ses membres ou &#224; l'intention de manifestations culturelles ou litt&#233;raires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, de la Soci&#233;t&#233; du Gr&#252;tli &#224; la Soci&#233;t&#233; Litt&#233;raire (dont l'origine remonte &#224; 1816) se perp&#233;tue &#224; Saint-Gervais l'esprit de ces cercles qui ont si fortement marqu&#233; Gen&#232;ve par le pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;..................&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour comprendre l'&#233;volution de la m&#233;moire collective genevoise centr&#233;e autour du personnage de Catherine Cheynel, dite m&#232;re Royaume, &#233;pouse du graveur de monnaie Pierre Royaume, consulter l'ouvrage iconographique de :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Corinne Walker&lt;/strong&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#232;re Royaume, Figures d'une h&#233;ro&#239;ne, XVIIe - XXIe si&#232;cle, Georg 2002&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title> St-Gervais et ses mythes</title>
		<link>http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article41</link>
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		<dc:date>2005-10-24T14:06:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor Salamin</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique33">Saint-Gervais et ses mythes</category>


		<description>LE PARFUM D'UN QUARTIER &lt;br /&gt;Un habitat autrefois encombr&#233;, des rues &#233;troites, mais une promiscuit&#233; conviviale &lt;br /&gt;Qui parcourt aujourd'hui les rues qui d&#233;limitaient l'ancien Saint-Gervais a bien de la peine &#224; s'imaginer la vie qui animait le Faubourg avant les ann&#233;es 1930. Seuls s'en souviennent encore les plus anciens parmi nous, derni&#232;re m&#233;moire vivante. Des pans entiers du quartier furent d&#233;molis, qui &#233;taient &#224; la fois pittoresques mais aussi malsains, inconfortables, voire menac&#233;s (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;LE PARFUM D'UN QUARTIER&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un habitat autrefois encombr&#233;, des rues &#233;troites, mais une promiscuit&#233; conviviale&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui parcourt aujourd'hui les rues qui d&#233;limitaient l'ancien Saint-Gervais a bien de la peine &#224; s'imaginer la vie qui animait le Faubourg avant les ann&#233;es 1930. Seuls s'en souviennent encore les plus anciens parmi nous, derni&#232;re m&#233;moire vivante. Des pans entiers du quartier furent d&#233;molis, qui &#233;taient &#224; la fois pittoresques mais aussi malsains, inconfortables, voire menac&#233;s d'effondrement. Ces anciennes b&#226;tisses, par leur configuration et leur population particuli&#232;re, ont fa&#231;onn&#233; plusieurs si&#232;cles durant un esprit propre &#224; Saint-Gervais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les rues &#233;troites et les maisons accol&#233;es les unes aux autres obligeaient &#224; une n&#233;cessaire promiscuit&#233; et &#224; d'&#233;troites relations. Les fa&#231;ades des maisons s'&#233;levaient en g&#233;n&#233;ral sur trois niveaux. Au rez-de-chauss&#233;e, les diverses arcades &#233;taient occup&#233;es par les boutiques, &#233;piceries, boucheries, cordonneries, salons de coiffure, laiteries, caf&#233;s et estaminets, puis, au-dessus, quatre &#224; cinq &#233;tages d'habitation construits en molasse et plus haut encore un sur&#233;l&#232;vement de un, deux et parfois trois &#233;tages : les ateliers de cabinotiers aux hautes et nombreuses fen&#234;tres juxtapos&#233;es et orient&#233;es vers la lumi&#232;re n&#233;cessaire au travail pr&#233;cis des horlogers et bijoutiers (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;cabinotiers&lt;/strong&gt; qui donneront &#224; Saint-Gervais sa physionomie et son esprit). Une enfilade de toits imbriqu&#233;s les uns dans les autres et de chemin&#233;es de divers gabarits coiffait le tout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_115 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L399xH262/toits-de-St-Gervais-da974.jpg' width='399' height='262' alt=&quot;&quot; style='height:262px;width:399px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour faire face &#224; l'augmentation croissante de la population au sein d'un p&#233;rim&#232;tre ceintur&#233; par des murs et des fortifications, on avait d&#251; construire &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des cours et jardins d'autrefois, ce qui finit par donner le sentiment d'un entassement. Pour acc&#233;der &#224; certains immeubles, il fallait emprunter d'&#233;troits passages couverts ou &#224; ciel ouvert entre deux maisons, ainsi que de sombres all&#233;es reliant une cour &#224; l'autre et acc&#233;der par des traverses et des escaliers jusqu'au haut des ateliers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article32&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Louis Bron&lt;/a&gt; dans ses souvenirs d'enfance nous en parle de mani&#232;re attachante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un ancien, interrog&#233; en 1992 par Luc Weibel, se souvient de ces diverses ruelles disparues : la ruelle du Temple, qui montait vers l'&#233;glise, et o&#249; se trouvaient les bordels, l'all&#233;e des Tisserands, l'all&#233;e du Sel, l'all&#233;e des Tanneurs. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Dans toutes ces all&#233;es il y avait des tisserands, des fabriquants de bouchons, des tanneurs - un m&#233;tier qui payait bien&quot;.&lt;/i&gt; Tout le quai &#233;tait empuant&#233; par l'odeur des peaux. Il y avait aussi ceux que l'on appelait les &quot;bras pendants&quot; :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot;Des types qui fichaient rien du tout, des &#233;paves, qui se tra&#238;naient, mal fringu&#233;s, qui &#233;taient pleins de poux, qui puaient ! Il y avait de tout, des Genevois et des gens qui venaient d'ailleurs, qui n'&#233;taient pas du canton : je me rappelle un architecte, qui &#233;tait l'as des as, et qui a fini l&#224;. Ils se retrouvaient dans une cour, au milieu de l'&#238;lot, o&#249; les d&#233;molitions avaient d&#233;j&#224; commenc&#233; : c'&#233;tait la &quot;Cour des Miracles&quot;. Ils buvaient de l'alcool &#224; quatre sous, ils habitaient des appartements abandonn&#233;s, pleins de punaises, de fourmis, de rats.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De cet espace si encombr&#233; naissait toute une vie grouillante, boutiques, commerces, ateliers de toutes sortes s'&#233;talant vers le Rh&#244;ne dont l'eau actionnait moulins divers, permettait le lavage des peaux et du linge que les lavandi&#232;res, nombreuses, agenouill&#233;es au fond de leur &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;bateau-lavoir&lt;/strong&gt; brossaient &#233;nergiquement. Les bateaux-lavoirs &#233;taient des lieux particuli&#232;rement anim&#233;s du quartier. Ils favorisaient les &#233;changes sociaux au m&#234;me titre que les ateliers de la Fabrique. Lavandi&#232;res, m&#233;nag&#232;res, porteurs de lessive s'y rencontraient et discutaient. La plupart des femmes &#233;taient en effet ouvri&#232;res et nombreuses s'employaient &#224; la Fabrique, d'autres gagnaient leur vie en faisant des m&#233;nages ou en lavant le linge. Le dernier bateau-lavoir disparut en 1934.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_122 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L399xH294/lavandieres-0ff4e.gif' width='399' height='294' alt=&quot;&quot; style='height:294px;width:399px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y avait aussi ces f&#234;tes &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;qui duraient toute la nuit, il y avait un monde fou, fallait voir &#231;a. Partout c'&#233;tait la gaiet&#233;, la rigolade, l'accord&#233;on. Il y avait des banquets pour les jeunes, des banquets pour les vieux, des arbres de No&#235;l ! Et des cort&#232;ges ! On avait un tonneau avec du pinard, et on faisait boire les gens. En t&#234;te d&#233;filait le maire - c'&#233;tait un maire non officiel, pour le quartier -, tout d&#233;cor&#233;, avec une &#233;charpe bleu et blanc, un tube sur la t&#234;te, dans une cal&#232;che. Puis venaient les enfants, la fanfare, les drapeaux, et des &#233;tages, les gens jetaient de la monnaie, des pi&#232;ces de quatre sous, de dix sous. On ramassait bien 4000 mille francs en une apr&#232;s-midi, pour les enfants, les cuisines scolaires. Une fois, ils avaient cuit un boeuf entier ! C'&#233;tait le clou de la f&#234;te... Quand il y avait la vogue &#224; Saint-Gervais, c'&#233;tait quelque chose ! C'&#233;tait tout d&#233;cor&#233;. Du fait que la rue &#233;tait &#233;troite, on tendait des guirlandes d'un c&#244;t&#233; &#224; l'autre, on faisait passer des ficelles, et on y accrochait des petits drapeaux, des falots. Il y avait des cort&#232;ges, des carrousels, des marchands de cacahu&#232;tes.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Luc WEIBEL&lt;/strong&gt;, &quot;C'&#233;tait le plus beau quartier de Suisse&quot;, L'autre Gen&#232;ve, Zo&#233;, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#176;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Roberto BROGGINI : Saint-Gervais 1992&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Gouailleur et laborieux, vieux faubourg parsem&#233; de gangr&#232;ne moderne, referm&#233; sur lui-m&#234;me et ouvert au monde, Saint-Gervais conna&#238;t de multiples images. En huit minutes, on se retrouve &#224; l'a&#233;roport (&#224; destination de Rio ?) par Cornavin, en trois heures &#224; Lausanne en voguant sur un vapeur de la CGN. Et une ann&#233;e durant, du Cendrier &#224; Grenus, passant par les Etuves, poursuivant par Coutance pour arriver aux Corps-Saints, on peut y vivre en autarcie. Car l'artisan, la connaissance, l'amusement, les livres sont toujours pr&#233;sents. Fruits du pass&#233;, ils nous rassurent sur l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a les toits qu'affectionnent les chats de goutti&#232;res et les po&#232;tes ; quelques passages de traverses nous rem&#233;morent le quartier reclus, ces p&#226;t&#233;s insens&#233;s o&#249; la mar&#233;chauss&#233;e n'osait poursuivre les m&#244;mes chapardeurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, on a du pain. Il manqua un hiver du XVIIIe si&#232;cle, lorsque le Rh&#244;ne gela et les moulins cess&#232;rent de fonctionner. Au XIXe si&#232;cle, les gens de Saint-Gervais dress&#232;rent des barricades en l'Ile. Trois jours plus tard le gouvernement aristocratique d'en face tombait. On n'en a toujours pas chang&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les gens se saluent ou pas, connaissent les habitudes des uns ou des autres. L'hiver, on sent encore les effluves du bois, du charbon qui se consument dans les fourneaux. L'&#233;t&#233;, les terrasses invitent au farniente. Petit village o&#249; se croisent nationalit&#233;s, moeurs et modes de vie . Y'a le natif, l'immigr&#233;, l'h&#244;te de passage, les gamins, nos a&#238;n&#233;s et ceusses qui nous appelaient des &quot;pique-meurons&quot;, viennent d&#233;valiser les magasins du quartier, surtout le samedi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et dire qu'un jour, les automobiles dispara&#238;tront, cesseront de s'engouffrer dans la bouche b&#233;ante et puante de la place Grenus ! A Saint- Gervais, on aime le r&#234;ve&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Roberto BROGGINI,&lt;/strong&gt;
Les gens se saluent ou pas, L'autre Gen&#232;ve, Zo&#233;, 1992.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;------------&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;SAINT-GERVAIS A L'EPREUVE DU MYTHE&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Derri&#232;re ces t&#233;moignages : une id&#233;alisation d'un pass&#233; r&#233;volu ? Le besoin l&#233;gitime de se rattacher par la m&#233;moire &#224; des racines collectives propres &#224; un lieu ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Saint-Gervais de demain se rattache intimement au Saint-Gervais d'hier et le d&#233;sir de trouver un fil conducteur n'est pas sans nous &#233;clairer lorsque le sol de l'histoire pr&#233;sente para&#238;t se d&#233;rober sous nos pieds.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le ou les mythes r&#233;ducteurs, simplificateurs qui entourent et aur&#233;olent aujourd'hui encore Saint-Gervais, - et que dans notre d&#233;marche de m&#233;moire nous soulignons volontiers,- ont fait l'objet d'une int&#233;ressante &#233;tude de&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Daniel Palmieri&lt;/strong&gt; et &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ir&#232;ne Herrmann&lt;/strong&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Faubourg Saint-Gervais, mythes retrouv&#233;s&lt;/i&gt; parue en 1995 et dont les lignes ci-dessous s'inspirent largement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Pourquoi, aujourd'hui encore,&lt;/i&gt; se questionnent-ils, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dans l'esprit de nombreux Genevois, Saint-Gervais ne symbolisait pas tout &#224; fait Gen&#232;ve ? Avec tout d'abord, deux constats : en premier lieu, le Faubourg d'aujourd'hui - un quartier o&#249; les bureaux remplacent les logements, un lieu o&#249; le vieux a c&#233;d&#233; la place au neuf, un endroit qui pourrait ressembler &#224; n'importe quelle autre partie de la ville - n'a que tr&#232;s peu de points communs avec le Saint-Gervais d'autrefois, populaire, v&#233;tuste et pittoresque, tel qu'il appara&#238;t dans les anciennes gravures et dans les souvenirs de ses habitants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me constatation : malgr&#233; les gigantesques transformations, tant sociales qu'architecturales, qui ont compl&#232;tement boulevers&#233; ce quartier, on continue &#224; faire comme si de rien n'&#233;tait et &#224; c&#233;l&#233;brer, par des f&#234;tes, par des publications, par des expressions (&quot;ceux du faubourg&quot;), un Faubourg de Saint-Gervais per&#231;u comme insensible &#224; l'emprise du temps et surtout aux atteintes des hommes...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si le Faubourg &#224; tout jamais disparu continuait de subsister avec force dans la conscience collective et &#224; repr&#233;senter un endroit d'exception, c'est tout simplement parce qu'il &#233;tait habit&#233; par le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;genius fabulae&lt;/i&gt;, en d'autres termes par le mythe. En effet, qui d'autre que le mythe aurait eu la vigueur n&#233;cessaire pour pr&#233;server le Saint-Gervais ancien des attaques de l'oubli ou des affres du changement ?... Etait-ce peut-&#234;tre tout simplement parce que le Faubourg &#233;tait r&#233;ellement un lieu extraordinaire et que Saint-Gervais, ce n'est vraiment pas Gen&#232;ve ?&quot; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et de citer &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Philippe Monnier&lt;/strong&gt; qui, dans son ouvrage sur la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gen&#232;ve de Toepffer,&lt;/i&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1914&lt;/strong&gt;, rel&#232;ve ce contraste :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;La cit&#233; est aust&#232;re : il&lt;/i&gt; [le Faubourg]&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;est fou. La cit&#233; est s&#232;che, il est gras. La cit&#233; &#233;pargne : il d&#233;pense. La cit&#233; conserve : il d&#233;truit. La cit&#233; est la maison du pass&#233; : il est la carri&#232;re de l'avenir. La cit&#233; est la noble demeure du patriciat haut et triste : il est le faubourg du bon peuple qui pousse le soufflet ou la varloppe, manie le burin ou la gouge, &#233;l&#232;ve des canaris ou des capucines, fr&#233;quente l'estaminet ou fait le change, sait qu'on trouve au Cendrier, chez Dumartheray, de v&#233;ritables longeoles, n'a pas perdu la recette des atriaux, se r&#233;gale de contes et d'aliments poivr&#233;s, partage son pain avec le pauvre, exprime sa force en sueur et r&#233;pand sa belle humeur en chansons&quot; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Reprenons quelques-une de ces images qui fa&#231;onnent un mythe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le mythe du cabinotier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On identifie facilement le Faubourg &#224; la patrie du cabinotier. L'image est-elle vaiment authentique ? Certes, la pr&#233;pond&#233;rance de l'horlogerie et de la bijouterie &#224; Saint-Gervais &#224; contribu&#233; &#224; lui donner un caract&#232;re particulier, son identit&#233; propre, mais il faut nuancer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est la Basse ville, vers 1600, qui fut en effet la premi&#232;re &#224; accueillir orf&#232;vres et bijoutiers dans la rue pr&#233;cis&#233;ment nomm&#233;e rue des Orf&#232;vres, aujourd'hui rue de la Croix d'Or. En pleine activit&#233; de la Fabrique de Saint-Gervais, il ne faut pas oublier qu'on trouvairt vers 1820, au Molard, &#224; la rue du Rh&#244;ne et sur l'Ile de nombreux cabinotiers avec leurs propres fabriques. Toutefois, dans la premi&#232;re moiti&#233; de ce XIXe si&#232;cle, six ouvriers de l'horlogerie sur dix travaillent &#224; Saint-Gervais : un tiers &#224; la rue du Temple et presque la moiti&#233; &#224; Cornavin, &#224; la rue Rousseau ou &#224; celle du Cendrier. Comme on le voit, si Saint-Gervais reste le lieu historique de la Fabrique, il n'en a pas le seul monopole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'image id&#233;ale du cabinotier bien pay&#233;, prenant librement cong&#233; l'apr&#232;s-midi ou faisant le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;lundi bleu&lt;/i&gt; doit, elle sussi, &#234;tre att&#233;nu&#233;e, car parmi les ouvriers les in&#233;galit&#233;s subsistaient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre patrons et ouvriers les rapports &#233;taient parfois tendus, voire distants. Les patrons, bien que vivant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;&#224; pot et &#224; feu&quot;&lt;/i&gt; avec des ouvriers conscients de leur sort, savaient s'en tirer moyennant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;un tonnelet de bi&#232;re ou une partie de boule faite &#224; propos&quot;&lt;/i&gt;. Restait le sentiment, qu'&#234;tre fils d'horloger, c'&#233;tait &#234;tre de condition sup&#233;rieure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'oublions pas non plus que les m&#233;tiers de l'horlogerie, privil&#233;gi&#233;s,- les horlogers avaient tendance &#224; se consid&#233;rer comme une classe &#224; part,- n'&#233;taient accessibles qu'aux seuls Genevois. Une fracture sociale existait au sein de l'horlogerie genevoise : une discrimination protectrice excluait les cabinotiers &lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article20&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Natifs&lt;/a&gt; ou &#233;trangers par le moyen de barri&#232;res professionnelles et civiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'image id&#233;alis&#233;e du cabinotier doit beaucoup &#224; Rousseau. Elle sera reprise souvent. On la retrouve sous la plume de Paul Chaponni&#232;re (Gen&#232;ve, 1930) :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Ils professaient l'amour et le respect du beau travail, ils besognaient de leur cerveau autant que de leurs mains. Rien ne les troublait de ce qui pouvait &#233;mouvoir le commun des mortels... Ils lisaient &#233;norm&#233;ment, parlaient de tout, indisciplin&#233;s, turbulents, violents et g&#233;n&#233;reux, ayant le ton haut et le rire sonore, jouaient aux plaques avec des &#233;cus et se montraient fort amis du plaisir que l'on go&#251;te hors de la maison familiale. Tr&#232;s instruits d'ailleurs : &quot;Un horloger de Paris&quot;, disait Jean-Jacques, &quot;n'est bon qu'&#224; parler de montres ; un horloger de Gen&#232;ve est un homme &#224; pr&#233;senter partout&quot;. Partout, c'est peut-&#234;tre beaucoup dire ; en tout cas, partout o&#249; se trouvent des gens intelligents&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'image du cabinotier lettr&#233;, instruit doit aussi &#234;tre nuanc&#233;e. Sans doute la population genevoise b&#233;n&#233;ficiait d'un taux &#233;lev&#233; d'instruction. Si on lit beaucoup dans la Fabrique, la plupart des cabinotiers savent &#224; peine lire et &#233;crire. Seuls certains chefs de la Fabrique et quelques rares ouvriers ont une formation sup&#233;rieure, philosophique ou scientifique et poss&#232;dent une biblioth&#232;que. Toutefois, c'est par leur interm&#233;diaire et leur militantisme que se r&#233;pandront les id&#233;es nouvelles qui agiteront politiquement le Faubourg.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;le mythe du frondeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'isolement, la mise &#224; l'&#233;cart de Saint-Gervais (&#224; qui l'on refusera longtemps des remparts), le rejet des Natifs comme citoyens &#224; part enti&#232;re, les entraves professionnelles et &#233;conomiques au sein de la Fabrique d'horlogerie entretiendront un esprit de fronde et d'insoumission qui deviendront monnaie courante. Les troubles de 1782, qui am&#232;neront la r&#233;volution &#224; Gen&#232;ve, auront parmi les meneurs un monteur de bo&#238;tes &#224; la rue des Etuves, Isaac Cornuaud.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1788 est une ann&#233;e de mauvaise r&#233;colte. Le 26 janvier 1789, (comme le rappelait ci-dessus Roberto Broggini) le gouvernement genevois augmente le prix du pain. Cette d&#233;cision d&#233;clenche une &#233;meute &#224; Saint-Gervais, le quartier le plus populaire. Charg&#233;e de ramener le calme, la garnison est repouss&#233;e &#224; coups de pierres, de tuiles et de seaux d'eau bouillante. La hausse fut annul&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute cette effervescence b&#233;n&#233;ficiait de l'appui de certains cercles plus turbulents. On d&#233;nombrait en effet une quarantaine de cercles et soci&#233;t&#233;s du quartier o&#249; avaient l'habitude de se r&#233;unir, selon des affinit&#233;s professionnelles ou politiques, la plupart des hommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces insurrections provoqueront la chute du gouvernement en 1792 et l'instauration des comit&#233;s r&#233;volutionnaires. Jusqu'&#224; l'annexion de Gen&#232;ve par la France en 1798, les cercles r&#233;volutionnaires de Saint-Gervais, que l'on retrouve aussi bien du c&#244;t&#233; des r&#233;volutionnaires que de leurs adversaires, vont jouer un r&#244;le de premier plan. Cela explique certainement pourquoi le souvenir de Saint-Gervais, foyer turbulent de la R&#233;publique, restera autant grav&#233; dans les m&#233;moires au si&#232;cle suivant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_123 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH331/barricades-6836e.gif' width='400' height='331' alt=&quot;&quot; style='height:331px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, le Faubourg qui nous appara&#238;t aujourd'hui comme un quartier pareil aux autres se d&#233;marquait donc autrefois par une certaine originalit&#233;. Certes les cabinotiers s'y retrouvaient en grand nombre, et les foyers de turbulence &#233;taient nombreux, mais ce ne fut pas une sp&#233;cificit&#233; propre &#224; Saint-Gervais. On retrouve &#233;galement ces traits, moins marqu&#233;s toutefois, sur la rive oppos&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux de ses enfants vont surtout contribuer &#224; magnifier et populariser sur la sc&#232;ne politique et litt&#233;raire le mythe de Saint-Gervais : Rousseau surtout, puis James Fazy.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-Gervais et Rousseau (1712-1778)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rousseau, issu d'une famille d'horloger, quitte la Haute Ville pour habiter, encore enfant, le Faubourg. Le grand-p&#232;re maternel &#233;tait horloger et poss&#233;dait une importante biblioth&#232;que, qui fut transf&#233;r&#233;e dans l'atelier du p&#232;re de Jean-Jacques. Ce dernier avait l'habitude de lire des textes &#224; son p&#232;re durant son travail. De l&#224; prit naissance le portrait du cabinotier genevois habile artisan et f&#233;ru de culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rousseau raconte la grande f&#234;te qui eut lieu un soir sur la place de Saint-Gervais. Musique, danses et all&#233;gresse avaient r&#233;uni un peuple o&#249; l'amiti&#233;, la fraternit&#233;, la concorde pr&#233;figuraient cet esprit de libert&#233;, d'&#233;galit&#233;, d'ind&#233;pendance que la r&#233;volution fran&#231;aise reprendra quelque temps plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup de voyageurs et lecteurs de Rousseau viendront rechercher l'image de cette r&#233;publique d&#233;mocratique id&#233;ale confondue avec Gen&#232;ve.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;alit&#233;, la Gen&#232;ve conservatrice condamne l&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;'Emile&lt;/i&gt; et le&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Contrat social&lt;/i&gt; (1762) et Jean-Jacques, rejet&#233;, pr&#233;f&#232;re renoncer &#224; son droit de citoyennet&#233;. Ces &#233;v&#233;nements vont resserrer encore davantage les liens qui unissent Saint-Gervais malmen&#233; avec le subversif Rousseau que les autorit&#233;s de la cit&#233; ont injustement d&#233;savou&#233; et dont elles ont publiquement fait br&#251;ler les livres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les ann&#233;es 1780, alors que les troubles politiques grondent, alors que les Natifs voient une fois encore leurs droits bafou&#233;s, le mythe Rousseau prend une ampleur in&#233;gal&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Rousseau, rel&#232;ve un voyageur de l'&#233;poque, est tout &#224; fait l'homme du peuple ; les Repr&#233;sentants [membres du parti progressiste]voient en lui le martyr des aristocrates ou des grands et, comme ils croient tous soutenir et d&#233;fendre la cause du peuple opprim&#233;, ils le regardent comme leur patriarche : par ses &#233;crits, Rousseau se trouve maintenant &#224; la t&#234;te des opprim&#233;s... Les Repr&#233;sentants ont sans cesse son nom &#224; la bouche, et dans quelques-uns de leurs clubs son buste tr&#244;ne, &#224; peu pr&#232;s comme le pr&#233;sident dans une assembl&#233;e&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend donc la v&#233;n&#233;ration identificatrice du Faubourg envers son illustre enfant et l'effort entrepris par ses habitants pour qu'enfin une rue porte son nom. On proposa m&#234;me d'honorer Rousseau par une f&#234;te, mais de fervents calvinistes s'y oppos&#232;rent fermement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il fallut attendre 1845 pour que l'on &#233;rige publiquement une statue &#224; Rousseau. On le fit sur une &#238;le, &#224; l'&#233;cart de Saint-Gervais et de la Cit&#233;, l'ancienne &#238;le des Barques. Rousseau &#233;tait &#224; nouveau en exil !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui encore, la Cit&#233;, revendiquant l'honneur de l'avoir vu na&#238;tre, a ouvert en 2002 un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Espace Rousseau&lt;/i&gt;. dans la Vieille-Ville. Mais &#224; peine ouvert, ce modeste mus&#233;e est contraint de fermer ses portes fin 2005, faute d'appui de la Ville. Rousseau continue &#224; diviser Gen&#232;ve qui peine &#224; reconna&#238;tre son g&#233;nie et &#224; lui trouver un espace d'envergure. Quel lieu trouvera-t-on dans 6 ans pour comm&#233;morer le tricentaire de la naissance de celui qui signait fi&#232;rement &quot;citoyen de Gen&#232;ve&quot; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A Saint-Gervais, il ne reste qu'une mince indication comm&#233;morative, accompagn&#233;e d'une citation, sur une fa&#231;ade sans caract&#232;re de l'immeuble commercial de La Placette, tout autre rep&#232;re architectural ayant disparu dans le chambardement des successives d&#233;molitions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rousseau, auquel les habitants de Saint-Gervais vouaient une si grande admiration, peine &#224; trouver des marques topographiques dans le quartier qui a marqu&#233; son enfance .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-Gervais radical et le mythe &quot;faziste&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Fazy (1794- 1878)&lt;/strong&gt; na&#238;t dans une famille d'industriels poss&#233;dant une importante fabrique d'indienneries (tissus peints) comptant plus d'une centaine d'ouvriers, situ&#233;e aux Bergues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jeune Fazy grandit dans une Gen&#232;ve &#224; la situation politique tendue. Le gouvernement politique install&#233; sur le haut de la colline est domin&#233; par des familles patriciennes et aristocratiques qui d&#233;cident de tout avec un Conseil d'Etat &#233;lu &#224; vie. Le Conseil Repr&#233;sentatif est d&#233;sign&#233; par un m&#233;lange de tirage au sort et de suffrages accord&#233;s aux seuls contribuables ais&#233;s. Une majorit&#233; de la population est tenue &#224; l'&#233;cart de la vie politique par l'interdiction de la publicit&#233; des d&#233;bats parlementaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;fiante &#224; l'&#233;gard de toute &#233;volution qui la menacerait, l'aristocratie genevoise freine tout d&#233;veloppement &#233;conomique hors de son milieu. Au pied de la colline, les artisans, commer&#231;ants et industriels, souvent nouvellement install&#233;s, se voient refuser leur int&#233;gration pl&#233;ni&#232;re &#224; la vie politique et &#233;conomique de la cit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Influenc&#233;s par les &#233;lans r&#233;volutionnaires des pays voisins, exclus et frustr&#233;s de la ville r&#234;vent d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, de progr&#232;s social et &#233;conomique. Les nouvelles philosophies r&#233;volutionnaires les encouragent &#224; prendre leur destin en main.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque Fazy part pour affaires en France, il y rencontre une situation politique agit&#233;e, renonce aux affaires et se lance dans le journalisme militant. Il quitte ensuite un Paris devenu mena&#231;ant et gagne Gen&#232;ve o&#249;, &#224; travers ses propres journaux, il en appelle &#224; une r&#233;forme compl&#232;te de l'Etat. Orateur et tacticien, il veut une Gen&#232;ve d&#233;mocratique et &#233;conomiquement ouverte, ne demandant rien moins que le vote au suffrage universel et la d&#233;molition des fortifications.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fazy prend la d&#233;fense des classes laborieuses touch&#233;es par la crise &#233;conomique et le Faubourg, populaire, va &#234;tre sensible &#224; sa d&#233;marche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_124 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L367xH400/fazy-01b2a.gif' width='367' height='400' alt=&quot;&quot; style='height:400px;width:367px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crise &#233;conomique qui touche la Fabrique va alimenter la r&#233;volte politique : on accuse les milieux d'affaires d'investir &#224; l'&#233;tranger plut&#244;t que d'enrayer la crise &#224; Gen&#232;ve. L'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Association du Trois-Mars (1841&lt;/strong&gt;, groupe de pression politique nouvellement fond&#233; et o&#249; l'on retrouve Fazy, est form&#233; pour une bonne part de cabinotiers. L'agitation populaire gagne de plus en plus Saint-Gervais o&#249;, dans les ruelles, s'organisent les r&#233;unions et s'effectuent la plupart des rassemblements &quot;radicaux&quot;. La r&#233;volution de 1841 met le au Gouvernement sous pression et lui arrache une nouvelle Constitution. Mais la mise en oeuvre des r&#233;formes tarde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, tensions et barricades s'organisent et l'insurrection gronde du c&#244;t&#233; de Saint-Gervais. Le Gouvernement tente d'arr&#234;ter les leaders et lance un mandat d'arr&#234;t contre Fazy. A la col&#232;re, succ&#232;dent l'affrontement et la canonade.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 5 octobre 1846, le quartier populaire de Saint-Gervais se soul&#232;ve et repousse victorieusement les troupes gouvernementales. Le sang coule. Le Conseil d'Etat est contraint &#224; la d&#233;mission. Le 9 octobre 1846, Fazy proclame la dissolution du Grand Conseil et occupe avec ses hommes l'H&#244;tel de Ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le soul&#232;vement populaire parti de Saint-Gervais qui avait port&#233; Fazy et les radicaux au pouvoir faisait du Faubourg le berceau du radicalisme genevois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mythe Fazy &#233;tait n&#233; et avec lui l'image d'un Saint-Gervais radical et r&#233;volutionnaire...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant Fazy, une fois au pouvoir, n'aura de cesse de canaliser les d&#233;bordements passionnels des Faubouriens qui lui en voudront de pr&#244;ner la mod&#233;ration. La victoire faziste n'emp&#234;chera pas la r&#233;cession &#233;conomique qui continuera &#224; jeter des milliers d'horlogers dans la rue, obligeant le gouvernement &#224; ouvrir ateliers et chantiers pour lutter contre la mis&#232;re croissante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ainsi qu'on vote, en 1948, la d&#233;molition des fortifications qui commence l'ann&#233;e m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des d&#233;faites politiques successives et des difficult&#233;s &#233;conomiques personnelles &#233;loigneront Fazy du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1878, c'est un Fazy d&#233;chu, ruin&#233; et quelque peu oubli&#233; qui s'&#233;teindra.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsqu'il fut ensuite question d'honorer le p&#232;re du radicalisme genevois en inscrivant son nom au bas d'une rue, on songea &#224; d&#233;baptiser le Cours de Rive, ou le quai des P&#226;quis. On finit par songer &#224; l'une des premi&#232;res art&#232;res ouvertes apr&#232;s la d&#233;molition des fortifications : l'actuel boulevard James-Fazy. Comme Rousseau, Fazy se voyait, lui aussi, repouss&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie d'un quartier qui l'avait port&#233; au pouvoir...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autre curieux paradoxe : celui que les gens du Faubourg v&#233;n&#233;raient comme l'un des leurs fut &#233;galement celui qui ouvrit le quartier au grand chambardement architectural qui allait se poursuivre jusqu'&#224; une &#233;poque r&#233;cente, ne laissant subsister que de minces traces des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents. Le vieux Saint-Gervais &#233;tait en train d'&#234;tre rapidement rattrap&#233; par la Gen&#232;ve moderne.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le mythe sous les d&#233;combres&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus le changement s'est av&#233;r&#233; important, plus le mythe s'est renforc&#233; pour panser les plaies de l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;...on a eu beau l'&#233;ventrer, le d&#233;mantibuler, le flanquer de maisons neuves ; combler le Foss&#233; vert ; chasser les moineaux du Creux de la Batterie et les barques de l'Ile des Barques ; macadamiser les ponts, abattre ses masures ; raser son Ch&#226;teau royal, le doter d'&#233;coles et de caf&#233;s-concerts ; l'entr'ouvrir, l'&#233;largir, le d&#233;molir et le reb&#226;tir, il est toujours debout le vieux faubourg spontan&#233;, le vieux faubourg d&#233;iste, le vieux faubourg gouailleur, narquois, caustique, loquace, gourmand bruyant, joyeux, et le vieux faubourg laborieux.&quot; &lt;/i&gt;(Philippe Monnier, Causeries genevoises, Gen&#232;ve 1902)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Progressivement et par &#233;tapes on fut convaincu de faire de Saint-Gervais un quartier salubre, a&#233;r&#233;, au confort &quot;moderne&quot; et s'int&#233;grant &#224; une Gen&#232;ve devenue dynamique, ouverte, entreprenante. Saint-Gervais faisait tache sombre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Derri&#232;re les d&#233;molitions envisag&#233;es pour le Faubourg se cachait peut-&#234;tre l'envie secr&#232;te de voir dispara&#238;tre des masures au pass&#233; turbulent. Il y eut quelques rares soubresauts : en l'Ile, la Tour fut sauv&#233;e par votation populaire, mais 34 autres b&#226;timents furent ras&#233;s dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parfois l'on fit entendre des protestations m&#234;l&#233;es de nostalgie : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Je me trouvais&lt;/i&gt;, &#233;crit un lecteur de la Tribune de Gen&#232;ve en 1902,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; au centre d'un terrain vague, au bas d'un talus inculte, o&#249; tout m'&#233;tait enti&#232;rement &#233;tranger... ; en vain je cherchais la charmante tourelle faisant saillie sur la place de Saint-Gervais, le bel immeuble du XVIIIe si&#232;cle &#224; gauche, en montant de Coutance, les vieux toits pittoresques projetant leurs vastes ombres, tout avait disparu et &#233;tait remplac&#233; par un chaos indescriptible&quot; &lt;/i&gt;(un lecteur de la Tribune de Gen&#232;ve, 1902).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot;Il y avait l&#224; un coin de la ville qui ne resemblait &#224; aucun autre, et, en effet, il avait ses moeurs et ses coutumes, sa fa&#231;on de comprendre la vie, et sa mani&#232;re de parler, un coin un peu &quot;bouzingot&quot; [nom donn&#233; aux habitants] peut-&#234;tre, mais encore plus genevois que &quot;bouzingot&quot;, car on n'y faisait pas toujours des barricades. On y lisait Rousseau et on y c&#233;l&#233;brait sa f&#234;te. Allez voir ce qu'il en reste. La vieille auberge est tomb&#233;e en poussi&#232;re, il n'en reste plus rien, et c'est tout un pass&#233; charmant qu'on ne reverra plus&quot; &lt;/i&gt;(chroniqueur du Journal de Gen&#232;ve, 1904).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors que le Saint-Gervais mythique commence &#224; tomber sous les coups de pioche, l'effritement de l'h&#233;ritage architectural ne sensibilise qu'une frange minime de la population. M&#234;me la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Soci&#233;t&#233; d'Art public&lt;/strong&gt;, fond&#233;e en 1901, pour pr&#233;server les sites et monuments int&#233;ressants et prot&#233;ger la ville de l'enlaidissement, ne montera gu&#232;re aux barricades contre les d&#233;molitions. Elle veillera plut&#244;t &#224; l'esth&#233;tique des r&#233;am&#233;nagements et reconstructions de fa&#231;on &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;n'y tol&#233;rer aucun des &#233;dicules habituels et devenus presque obligatoires de nos places, c'est-&#224;-dire l'in&#233;vitable colonne d'affichage, la Vespasienne (elle y est d&#233;j&#224;), le kiosque &#224; journaux et &#224; fruits, le transformateur et peut-&#234;tre aussi la tour t&#233;l&#233;phone&quot; &lt;/i&gt;(1904).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, des pr&#233;occupations de d&#233;tails alors qu'on est en train de sacrifier des immeubles anciens de grande qualit&#233; architecturale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nostalgie et modernisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finies les ruelles sombres, les maisons enchev&#234;tr&#233;es et d&#233;cr&#233;pies, les passages &#233;troits et humides. On avait embelli le reste de la ville et Saint-Gervais se sentait d&#233;laiss&#233;. En 1832 d&#233;j&#224;, un d&#233;put&#233; signalait cette in&#233;galit&#233; et relevait que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot; les habitants de Saint-Gervais sauraient faire des sacrifices pour l'assainissement et l'embellissement de leur quartier&quot;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les habitants, acquis peu &#224; peu aux id&#233;es hygi&#233;nistes, les d&#233;molitions purent s'effectuer. On leur promettait des logements &quot;ouvriers&quot; dignes et &#233;conomiquement accessibles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Progressivement la Ville fit l'acquisition des immeubles &#224; d&#233;molir. L'ancien quai du Seujet, enti&#232;rement ras&#233;, resta longtemps, faute de projet coh&#233;rent, un immense terrain vague, objet des plus folles utopies architecturales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les plans grandioses de&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Maurice Braillard&lt;/strong&gt; et du &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Corbusier&lt;/strong&gt; purent se d&#233;velopper en vue d'am&#233;nager pour les habitants, comme le relevait le journal La Suisse, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;...un quartier qui leur assurerait le maximum d'espace d'air, de lumi&#232;re, de soleil, de confort et de silence, le maximum de facilit&#233;s de circulation&quot;.&lt;/i&gt; Saint-Gervais devait refl&#233;ter la &quot;Grande Gen&#232;ve&quot;, ouverte, dynamique et novatrice, si&#232;ge de la nouvelle Soci&#233;t&#233; des Nations (1920).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme l'&#233;crit Maurice Braillard :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot;C'est un des meilleurs emplacements situ&#233; au coeur de la ville, travers&#233; par de grands courants de circulation, sa valeur commerciale est appel&#233;e &#224; &#234;tre de premier ordre, car ce quartier, de par ses avantages, devrait &#234;tre le plus anim&#233; et le plus vivant. C'est &#233;galement un de nos plus salubres, parce qu'il est expos&#233; en pente douce et re&#231;oit le plein soleil de midi&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les projets pour le futur Saint-Gervais r&#234;vaient d'une ville dans la ville, int&#233;grant logements, commerces, ateliers, espaces de vie et de travail . Mais r&#233;aliser de tels projets n&#233;cessitait de grands moyens et une surface importante, rien moins que de faire &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;table rase&lt;/strong&gt; du pass&#233; du quartier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pouvait op&#233;rer sans trop de retenue puisque la loi de 1920 sur les monuments historiques concernait uniquement la Vieille Ville, et faisait peu cas de la valeur historique de l'habitat et des ensembles m&#233;di&#233;vaux de la Rive droite, malgr&#233; les &#233;tudes de Galiffe dans les ann&#233;es 1870, illustr&#233;es par les photographies du Seujet &quot;pittoresque&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s 1912 d&#233;j&#224;, Maurice Braillard avait mis en oeuvre ses vues urbanistiques &#224; travers de grands complexes monumentaux (Cit&#233; Vieusseux et Montchoisy-Deux-Parcs). Il r&#234;vait de projets semblables pour Saint-Gervais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors du concours d'am&#233;nagement lanc&#233; par la Ville en 1929, un autre visionnaire urbaniste entre en sc&#232;ne : Le Corbusier. On accusa le concurrent Neuch&#226;telois de La-Chaux-de-Fonds (rivale horlog&#232;re) de vouloir par ses plans liquider le centre historique europ&#233;en de l'horlogerie au XVIIIe si&#232;cle, patrie des cabinotiers genevois !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_126 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L350xH328/projLeCorbusier--04934.gif' width='350' height='328' alt=&quot;&quot; style='height:328px;width:350px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les projets des deux architectes partent pourtant de conceptions urbanistiques similaires. Il ne s'agit plus de reconstruction, mais d'un remodelage large qui envisage la rentabilisation de l'espace par l'&#233;dification d'immeubles &#233;lev&#233;s, voire de tours, l'ouverture de larges art&#232;res de d&#233;gagement et la cr&#233;ation de places a&#233;r&#233;es, le tout selon des plans d'alignements g&#233;om&#233;triques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on a consenti sans trop de peine &#224; la d&#233;molition du quartier, on va se montrer ensuite plut&#244;t s&#233;v&#232;re face &#224; ces projets aux co&#251;ts exorbitants. Bien plus, on commence &#224; se rendre compte que l'on a assist&#233; &#224; la plus folle entreprise de d&#233;molition, n'ayant &#233;pargn&#233; ni le bon, ni le neuf, ni les b&#226;timents historiques qui semblaient n'offrir qu'un int&#233;r&#234;t mineur parce que leur maintien aurait compromis le plan d'ensemble du quartier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Bron&lt;/strong&gt;, excellent et r&#233;aliste observateur du quartier reconna&#238;t avec quelque regret qu'on pouvait s'y loger bon march&#233;, quoique modestement,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot;mais les questions d'hygi&#232;ne, accompagn&#233;es de sp&#233;culation, ont eu raison de l'&#233;poque pass&#233;e. Ainsi certaines maisons n'avaient plus de raison d'existence&quot;&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article32&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;(Disparition...)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois, en 1929, dans un article du Guguss' intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les gaffes de Gen&#232;ve&lt;/i&gt;, Louis Bron s'en prend aux d&#233;molitions h&#226;tives et aux projets hasardeux :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;N'est-ce pas un scandale sans nom et sans pr&#233;c&#233;dent, que la d&#233;molition du bas de Coutance et la construction de l'affreuse rue Vallin ? Quant au quartier du Quai du Seujet et de la rue du Temple [d&#233;molis en 1928], c'est plusse qu'horrible, et si nous avions un peu de sang de Yank&#233;e dans les veines, c'est au bout d'une corde que se balan&#231;eraient le ou les responsables&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Soci&#233;t&#233; d'Art public&lt;/strong&gt; monte &#224; son tour aux barricades pour sauver ce qui peut l'&#234;tre encore et s'opposer au projet &quot;m&#233;galomane&quot; de Maurice Braillard qui vise &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;donner &#224; notre rive l'aspect de quelque ville am&#233;ricaine&quot; &lt;/i&gt;d&#233;figurant le quartier &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;par d'&#233;normes cubes de ma&#231;onnerie&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_125 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L295xH428/projet-Braillard-1ea6c.gif' width='295' height='428' alt=&quot;&quot; style='height:428px;width:295px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le projet de d&#233;loger 1500 habitants &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;qui n'en demandent pas tant, l'arrachement de tout le petit commerce, de toute la petite industrie, qui pourtant firent depuis des si&#232;cles et font encore aujourd'hui l'activit&#233; de notre historique Faubourg&quot;&lt;/i&gt;, ce d&#233;placement d'une population qui ne se retrouverait plus dans ce nouvel univers froid et &quot;concentrationnaire&quot;, &quot;bolchevique&quot; (le communiste L&#233;on Nicole acc&#232;de au gouvernement soutenu par Braillard) relance oppositions et contre-projets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le quartier d&#233;moli, les habitants, locataires et commer&#231;ants peinent &#224; se reloger et, comme les projets tra&#238;nent, ont des raisons de s'inqui&#233;ter sur les promesses qu'on leur avait faites.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La tourmente sociale et politique de la &quot;Gen&#232;ve rouge&quot; conjugu&#233;e &#224; une nouvelle p&#233;riode de guerre enterra en 1941 le projet Braillard, pourtant accept&#233; par le Conseil municipal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Afin de d&#233;gager des art&#232;res pour faciliter le trafic et l'acc&#232;s au centre ville, quatre op&#233;rations d'assainissement et de r&#233;novation ponctuelles furent entreprises plus tard qui modifi&#232;rent une nouvelle fois la morphologie de l'ancien quartier. De la destruction des Terreaux-du-Temple d&#232;s 1950 jusqu'&#224; l'implantation de la Placette (1958-1967), les chantiers et d&#233;molitions se poursuivent : Mont-Blanc Centre (bureaux et cin&#233;ma Plaza, 1952-1954), un bloc d'immeubles aux Terreaux-du Temple (centre copmmercial, administratif et locatif, 1950-1956), commerces, bureaux et logement &#224; la place de Saint-Gervais (1955).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me le &quot;maire&quot; du Faubourg sera pr&#233;sent pour le premier coup de pioche abattant les Terreaux, derni&#232;re limite physique et historique qui s&#233;parait le quartier du reste de la ville. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;A la place de ces vieilles b&#226;tisses, ajoutera le &quot;maire, de nouveaux et confortables immeubles vont sortir de terre, les rues de Cornavin et des Terreaux vont &#234;tre r&#233;largies et notre quartier n'aura qu'&#224; gagner &#224; ces transformations&quot;&lt;/i&gt;. N'oublions pas derri&#232;re ces consid&#233;rations &quot;officielles&quot; l'int&#233;r&#234;t majeur des promoteurs immobiliers !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La conscience d'entrer dans des temps nouveaux fait oublier la perte du b&#226;ti historique. La Soci&#233;t&#233; d'Art public s'insurge, un peu tard, de l'aspect pr&#233;sent&#233; par le nouvel H&#244;tel du Rh&#244;ne (1950) occupant tout le bas de la colline et dont la masse masse imposante et jug&#233;e inesth&#233;tique ne laisse plus &#233;merger de l'&#233;glise de Saint-Gervais, objet de tant de soin, qu'un bout de son clocher.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le mouvement est donn&#233; vers l'ouverture et la modernit&#233;, prolongeant ainsi les id&#233;es fazystes, m&#234;me si l'on est encore sentimentalement partag&#233;. L&#224; encore les appr&#233;ciations sur la valeur du b&#226;ti historique de Saint-Gervais ont de quoi nous surprendre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Il y a effectivement des quartiers historiques, comme la vieille ville, qui ont droit &#224; notre respect et aux sacrifices n&#233;cessaires pour leur conservation...[Mais] on ne peut pas dire que la place de Saint-Gervais, qui forme le point important du quartier, soit historique, ni les fa&#231;ades qui bordent cet espace, ne refl&#232;tent en rien ce caract&#232;re. Le groupe des Terreaux-du-Temple, en ach&#232;vement de d&#233;molition, &#233;tait peut-&#234;tre tr&#232;s agr&#233;able pour les amateurs d'aquarelles, mais y habiter &#233;tait tout autre chose&quot; &lt;/i&gt;(1952).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seul semblait d'int&#233;r&#234;t historique et patrimonial le Temple-symbole, bien que ce dernier peine &#224; &#233;merger dans les plans urbanistes de Maurice Braillard et du Corbusier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La construction de La Placette, occupant l'espace entre les rues de Rousseau et de Coutance avec la rampe d'acc&#232;s au parking sous-terrain illustre de fa&#231;on exemplaire ce que l'on entendait par &quot;r&#233;novation urbaine&quot; : une conception de la ville qui condamnait les quartiers populaires, une restructuration fonci&#232;re par regroupement de lots entre les mains d'un promoteur priv&#233; et la disparition de logements au profit de grandes surfaces commerciales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ces op&#233;rations, souvent tr&#232;s lourdes, contribu&#232;rent &#224; effacer un peu plus la m&#233;moire d'un type d'habitat jusqu'alors conserv&#233; et qui en raison de sa modestie, avait &#233;volu&#233; par adjonctions et transformations mineures n'entra&#238;nant pas de profondes transgressions architecturales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1976, lorsqu'il fut question de prolonger l'art&#232;re du Cendrier jusqu'&#224; la place Saint-Gervais (facilitant ainsi l'acc&#232;s au parking de La Placette) au prix de la d&#233;molition de la partie nord de la rue populaire des Etuves et des immeubles attenants &#224; la rue de Coutance, une vive r&#233;action des habitants bloquera ces projets. Des analyses mirent alors en &#233;vidence la qualit&#233; historique de ces logements et la richesse de la vie sociale de l'&#238;lot, dernier vestige de l'urbanisation m&#233;di&#233;vale de la rive droite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1988&lt;/strong&gt;, enfin, on reconnut la qualit&#233; historique de l'ancien habitat restant de Saint-Gervais &#224; l'&#233;gal de la Vieille-Ville, chaque ensemble formant un p&#244;le du d&#233;veloppement urbain de Gen&#232;ve, de part et d'autre du Rh&#244;ne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La reconnaissance de l'int&#233;r&#234;t patrimonial du quartier permit enfin le sauvetage, la r&#233;habilitation architecturale et sociale des derniers immeubles t&#233;moins, stoppant les effets d&#233;vastateurs et d&#233;stabilisants des transformations op&#233;r&#233;es depuis plusieurs si&#232;cles dans le Faubourg. Les restaurations entreprises ces derni&#232;res ann&#233;es nous permirent de conserver in extremis - sur quelques immeubles restants, l'ultime t&#233;moignage de la morphologie m&#233;di&#233;vale du quartier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec la reconnaissance et la r&#233;habilitation du patrimoine architectural de Saint-Gervais, l'histoire (et ses mythes) trouvaient une consistance nouvelle, une ultime tra&#231;abilit&#233; physique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le mythe, un ferment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Nous pourrions encore longtemps discourir sur le vieux faubourg. Il a &#233;t&#233; depuis englob&#233; dans la ville, mais son vieil esprit a surv&#233;cu.&quot;&lt;/i&gt; (Henri Denkinger, Le Faubourg d'autrefois)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, les images d'un Faubourg rebelle, frondeur, r&#233;volutionnaire, avant-gardiste, ont servi &#224; alimenter un mythe qui peu &#224; peu a pris corps, relayant l'Histoire, parfois la d&#233;formant, l'embellissant, l'id&#233;alisant, et fix&#233; une identit&#233; propre &#224; ce lieu qui fut, et par la m&#233;moire reste, &quot;pas comme les autres&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi aussi, &#224; mesure que s'effacent les traces physiques du pass&#233; historique, le mythe et la m&#233;moire retouvent dans les images anciennes, comme &#224; travers les &#233;vocations de nos a&#238;n&#233;s, ce fil myst&#233;rieux qui lie le pr&#233;sent des habitants au pass&#233; d'un quartier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, habiter un lieu en parcourant les tremblements de terre de son histoire, s'approprier les mythes qui ont fleuri de son terreau, cette activit&#233; de m&#233;moire patrimoniale constitue en elle-m&#234;me un tonifiant facteur de vie culturelle, de coh&#233;sion et d'identification sociale, sans pour autant c&#233;der &#224; la nostalgie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-Gervais, un quartier pas comme les autres ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;.......................&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sources&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Daniel Palmieri, Ir&#232;ne Herrmann&lt;/strong&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Faubourg Saint-Gervais, mythes retrouv&#233;s
,&lt;/strong&gt; Slatkine, Gen&#232;ve, 1995.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Le livre somptueux ( R. Hildebrand)</title>
		<link>http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article42</link>
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		<dc:date>2005-10-20T07:38:04Z</dc:date>
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<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique6">Marcel-Ami Favre, ma&#238;tre imprimeur d'art</category>


		<description>&quot;Le talent des &#233;crivains de langue fran&#231;aise stimule cet imprimeur, tel un compliment adress&#233; &#224; la corporation des ma&#238;tres-imprimeurs toute enti&#232;re.&quot; &lt;br /&gt;MARCEL-AMI FAVRE &lt;br /&gt;LE LIVRE SOMPTUEUX &lt;br /&gt;............................. &lt;br /&gt;Pour beaucoup de personnes, la rue des Corps-Saints &#224; Gen&#232;ve porte le nom prot&#233;g&#233; de rue des Artisans. En effet, l'on y rencontre plusieurs artisans r&#233;put&#233;s : un luthier construit des violons, r&#233;els chefs-d'oeuvre pour les musiciens de demain ; une bijouti&#232;re-orf&#232;vre dessine (...)


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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Marcel-Ami Favre, ma&#238;tre imprimeur d'art&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&quot;Le talent des &#233;crivains de langue fran&#231;aise stimule cet imprimeur, tel un compliment adress&#233; &#224; la corporation des ma&#238;tres-imprimeurs toute enti&#232;re.&quot;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;MARCEL-AMI FAVRE&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;LE LIVRE SOMPTUEUX&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;.............................&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_127 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L450xH305/Marcel_Favre_1-38c62.gif' width='450' height='305' alt=&quot;&quot; style='height:305px;width:450px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/i&gt;Pour beaucoup de personnes, la rue des Corps-Saints &#224; Gen&#232;ve porte le nom prot&#233;g&#233; de rue des Artisans. En effet, l'on y rencontre plusieurs artisans r&#233;put&#233;s : un luthier construit des violons, r&#233;els chefs-d'oeuvre pour les musiciens de demain ; une bijouti&#232;re-orf&#232;vre dessine admirablement , un horloger r&#233;pare montres et pendules anciennes et un imprimeur-typographe, probablement le dernier, cr&#233;e, &#224; tirage limit&#233;, des livres rares pour les grands collectionneurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Rien n'est impossible&quot;&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attir&#233; par la photographie d&#232;s l'adolescence, Marcel -Ami Favre trouve, gr&#226;ce aux conseils avis&#233;s de son p&#232;re, une place d'apprentissage dans une petite entreprise sp&#233;cialis&#233;e, l'Imprimerie des Arts. Ainsi pourrait-on r&#233;sumer le d&#233;but de la fabuleuse existence de cet artisan qui aime r&#233;p&#233;ter : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Il n'y a rien d'impossible, il n'y a que des volont&#233;s plus ou moins &#233;nergiques.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant quelques ann&#233;es, les obligations militaires (obusier de montagne) et l'&#233;conomie d'apr&#232;s guerre emp&#234;chent Marcel-Ami Favre de poursuivre sa carri&#232;re dans le domaine de l'imprim&#233;. Pourtant la tenacit&#233; habite cet homme qui ose r&#234;ver en se promenant au bord du Rh&#244;ne. Le talent des &#233;crivains de langue fran&#231;aise le stimule tel un compliment adress&#233; &#224; la corporation des ma&#238;tres-imprimeurs toute enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un esth&#232;te de la mise en page&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques ann&#233;es alors qu'il &#233;crivait une &#233;logieuse pr&#233;face &#224; l'oeuvre artistique du peintre genevois Jean Roll, m&#234;me Claude Debl&#252;e a remani&#233; son texte pour satisfaire aux exigences typographiques de Marcel-Ami Favre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'artisan travaillant dans plusieurs imprimeries de la place, semble ainsi se pr&#233;parer sans h&#226;te &#224; exercer sa vocation d'imprimeur. Plein d'audace, il retourne alors travailler chez son ancien ma&#238;tre d'apprentissage et le convainc de s'installer dans le quartier de Saint-Gervais. Plus tard, il lui propose de racheter son imprimerie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un quartier pour la vocation artisanale&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; l'imprimeur typographe, install&#233; dans une rue destin&#233;e &#224; faire mieux comprendre l'histoire d'une corporation invent&#233;e par Gutenberg et associ&#233;e aux initiatives typographiques les plus exceptionnelles. Par exemple, durant deux ans et demi, Marcel-Ami Favre consacre tout son temps &#224; pr&#233;parer quatre ouvrages d'art hors commerce, tir&#233;s &#224; quatre cents exemplaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour respecter le travail que lui ont confi&#233;s ses fid&#232;les clients, il se rend dans son atelier le samedi et le dimanche. Il y a quelques ann&#233;es, il &#233;dite &#224; sept cents exemplaires, un ouvrage avec des bois grav&#233;s en sept couleurs de Robert Hainard. En 1985, il con&#231;oit une sorte de bo&#238;te pr&#233;cieuse (50 x 35), un recueil de lithographies originales de Georges Borgeaud pr&#233;sent&#233;es par Maurice Zermatten.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'imprimeur-typographe sait d&#233;sormais mieux que personne quelle qualit&#233; de papier donne le plus de beaut&#233; &#224; une photographie ou &#224; une lithographie. La pr&#233;sentation est rarement oubli&#233;e gr&#226;ce &#224; un texte superbement imprim&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;J'ai pr&#233;par&#233; pour un client, de la part de ses proches, un ouvrage en un seul exemplaire contenant les images des plus beaux &#233;maux, ceci comme cadeau de No&#235;l ! Vous savez le livre &#224; quinze, quarante ou soixante exemplaires repr&#233;sente un travail si beau &#224; mener de bout en bout, qu'il me remplit de bonne humeur, de sant&#233; et de satisfaction.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques ann&#233;es, des &#233;diteurs fran&#231;ais d&#233;couvrent un livre de collection r&#233;alis&#233; par Marcel-Ami Favre. Ils accourent &#224; Saint-Gervais, ouvrent la porte de l'Imprimerie des Arts et, impatients, demandent &#224; voir le personnel de cette imprimerie, o&#249; tous les livres sont enti&#232;rement r&#233;alis&#233;s &#224; la main. Subjugu&#233;s, il restent sans voix devant cet imprimeur exceptionnel et devant l'immense travail accompli. Ils comprennent qu'ils se trouvent en pr&#233;sence d'un des derniers professionnels de l'imprimerie artisanale. Les livres de cet artisan refl&#232;tent des si&#232;cles de l'histoire typographique comme ceux que nous pouvons contempler dans les mus&#233;es les plus prestigieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors qui prendra l'heureuse initiative d'inaugurer un jour une exposition consacr&#233;e aux oeuvres de ce remarquable imprimeur de la rue des Artisans, qui porte actuellement le nom de rue des Corps-Saints ?&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;my HILDEBRAND&lt;/strong&gt;, Petite encyclop&#233;die r&#233;gionale de notre patrimoine artisanal, Tome II, Ed. Transversales, pp. 37 ss.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Les enseignes</title>
		<link>http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article40</link>
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		<dc:date>2005-09-26T09:12:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor Salamin</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique29">Enseignes et anciennes auberges de Saint-Gervais</category>


		<description>&quot;L'enseigne, &#233;crivait Henri Baudin en 1905, &#233;tait la joie et la parure de la rue ; elle en rompait les lignes monotones ; elle mettait de la couleur, des ors, de la lumi&#232;re dans l'atmosph&#232;re grise de nos pays ; elle donnait aux maisons un air de f&#234;te perp&#233;tuelle ; les devises bachiques chantaient &#224; l'oreille du pas&#173;sant une joyeuse invite ; ses blasons et ses cou&#173;leurs racontaient l'histoire et les l&#233;gendes locales&quot;. &lt;br /&gt;Boutiques, devantures et enseignes &lt;br /&gt;Les enseignes qui ont pour fonction de (...)


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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;Enseignes et anciennes auberges de Saint-Gervais&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&quot;L'enseigne, &#233;crivait Henri Baudin en 1905, &#233;tait la joie et la parure de la rue ; elle en rompait les lignes monotones ; elle mettait de la couleur, des ors, de la lumi&#232;re dans l'atmosph&#232;re grise de nos pays ; elle donnait aux maisons un air de f&#234;te perp&#233;tuelle ; les devises bachiques chantaient &#224; l'oreille du pas&#173;sant une joyeuse invite ; ses blasons et ses cou&#173;leurs racontaient l'histoire et les l&#233;gendes locales&quot;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_105 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L364xH205/enseignes_bistrots-2-134a2.gif' width='364' height='205' alt=&quot;&quot; style='height:205px;width:364px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Boutiques, devantures et enseignes &lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les enseignes qui ont pour fonction de signaler &#224; l'attention du passant une activit&#233; particuli&#232;re, existaient d&#233;j&#224; dans l'Antiquit&#233;, notamment sous la forme de tableaux ou de petits bas-reliefs en terre cuite. Imaginons les boutiques de l'&#233;poque romaine et du moyen &#226;ge. Elles ne connaissaient pas la devanture vitr&#233;e. Elles se fermaient au moyen de planches glissant dans deux rainures et assujetties par une barre de bois mobile.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s le XIIe si&#232;cle et jusqu'au milieu du XIVe si&#232;cle, les boutiques eurent pour devanture des volets inf&#233;rieurs et sup&#233;rieurs. Une fois les volets ouverts, les panneaux du bas formaient des tablettes pour l'&#233;talage des marchandises, alors que les panneaux du haut servaient d'auvent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les passants achetaient du dehors, sans entrer dans les boutiques : les marchandises, les objets, les denr&#233;es, &#233;taient dispos&#233;s en grande partie &#224; l'int&#233;rieur, mais peu &#224; peu les n&#233;gociants us&#232;rent de tables, de bancs, de chevalets, qui empi&#233;t&#232;rent sur la rue et accaparaient la chauss&#233;e. Cet &#233;talage ext&#233;rieur, cet envahissement n&#233;cessita l'&#233;diction d'une quantit&#233; d'ordonnances d&#232;s le commencement du XVe si&#232;cle. Cela n'eut pas grand effet, puisqu'au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle, ce syst&#232;me &#233;tait encore en usage. Pendant pr&#232;s de trois si&#232;cles, les boutiquiers seront en conflit continuel avec les &#233;dits et la police pour la possession de la rue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A partir de la Renaissance, les achats commenc&#232;rent &#224; se faire &#224; l'int&#233;rieur des boutiques. Les enseignes apparurent sur la rue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au XVIIIe si&#232;cle, enfin, les boutiques prirent plus d'ampleur pour devenir les magasins d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A Gen&#232;ve&lt;/strong&gt;, nous pouvons suivre cette &#233;volution. De panneaux s&#233;par&#233;s &#224; l'origine que l'on assujettissait avec des barres de fer et des crochets, on passa &#224; des panneaux &#224; charni&#232;res de mani&#232;re &#224; ce qu'il puissent se replier et se renfermer dans des &quot;caissons&quot; plac&#233;s de chaque c&#244;t&#233; de la devanture ; puis enfin on utilisa, pour les fermetures, les volets en fer ou en t&#244;le qui fonctionnent de haut en bas ou r&#233;ciproquement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans notre ville, ce n'est gu&#232;re que depuis 1824, que l'on commen&#231;a &#224; &#233;tablir des magasins qui, dit D. Dunand dans ses &quot;Souvenirs genevois&quot;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;sont remarquables par leur &#233;clairement, leur &#233;l&#233;gance, leur d&#233;coration commerciale et le nouveau genre de fermeture qui, s'ouvrant jusqu'au niveau de la rue, laisse &#224; l'aspect des marchandises tout son effet&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Obligation et r&#232;glements d'enseigne&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ouvrir une &#233;choppe n&#233;cessitait autorisation publique. Les plus anciens &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Arr&#234;ts&lt;/i&gt; connus imposent notamment aux h&#244;teliers et taverniers la n&#233;cessit&#233; d'avoir une enseigne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Charte des franchises de Gen&#232;ve, promul&#173;gu&#233;e en 1387, r&#233;glementait la vente du vin et d&#233;fense &#233;tait faite sans le placement d'une enseigne devant la maison :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot; que nul ne soit hos&#233; ny si hardy de vendre vin &#224; taverne en menu, en ceste cit&#233; ny es franchises d'ycelle, dehors ny dedans, jusque &#224; ce qu'il aye mis la seigne (enseigne) de&#173;vant la taverne... &quot;&lt;/i&gt; ceci sous peine d'amende et d'interdiction de s'&#233;tablir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;forme ayant proscrit les images sacr&#233;es, les tenanciers d'h&#244;tellerie plac&#233;es sous le vocable des Trois-Rois, durent &#233;galement transformer les mages en souverains quelconques, ceux dont l'effigie &#233;tait la plus propre &#224; jeter quelque lustre sur leur maison. Nous trouvons dans les Registres du Consistoire de Gen&#232;ve le cas suivant : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Pierre Vignier, dit Aubign&#233;, ayant obtenu la permission de dresser une h&#244;tellerie y a fait mettre pour enseigne , A l'Ange, ce qui est non accoutum&#233; en ceste ville et scandaleux&quot;&lt;/i&gt;. A la suite de cette plainte, l'enseigne fut enlev&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A Gen&#232;ve, en 1552, nous voyons le Conseil interdire la vente du vin en d&#233;tail sans enseigne ; pareille d&#233;fense fut renouvel&#233;e, en 1536, par le Deux-Cents : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Que nul ne tienne taverne que premi&#232;rement ne soit receu par Messeigneurs les Syndicques ; prenant enseigne&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ordonnance du 20 mai 1653 imposait une taxe plus s&#233;v&#232;re et disait, entre autres, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;que nul n'ait &#224; tenir hostellerie, taverne ni cabaret qu'il n'ait est&#233; premi&#232;rement &#224; ce receu par nos dits seigneurs et que l'enseigne ou autre permission lui ait est&#233; ottroy&#233;e &#224; peine de vingt-cinq florins&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un article des Cri&#233;es et Edits publi&#233;s &quot;&#224; voix de trompette&quot; en 1560, porte : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Que nul ne doive tenir hostellerie, taverne ni cabaret, ni cuire pain pour vendre, que premi&#232;rement n'aye &#233;t&#233; admis par nos Seigneurs avec droit d'enseigne ou autre licence, &#224; peine d'&#234;tre repris selon l'exigence du cas&quot;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La concession de l'enseigne, le droit de la lever, comme l'on disait autrefois, &#233;tait -comme on le voit, assortie d'une redevance fiscale d&#233;termin&#233;e. L'enseigne d'une h&#244;tellerie avait une telle importance qu'en l'achetant un h&#244;telier en acqu&#233;rait &#233;galement la client&#232;le. Sauf dans les moments de troubles et de r&#233;volutions politiques ou religieuses, l'id&#233;e ne venait pas aux anciens h&#244;teliers, assez diff&#233;remment d'aujourd'hui, de quitter leur enseigne pour en prendre une autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La presque totalit&#233; des enseignes &#233;taient &#224; l'origine pendues &#224; un bras et peintes sur les deux faces d'un panneau de bois ou de m&#233;tal. Quelques-unes &#233;taient sculpt&#233;es et certaines en fer forg&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien qu'une succession d'&#233;dits obligea plus tard la suppression de l'enseigne suspendue (que l'on jugeait trop dangereuse), on vit encore, jusqu'en 1850, se balancer librement quelques exemplaires. On se contenta ensuite de plaquer les enseignes contre les murs. Le Mus&#233;e d'art et d'histoire conserve une douzaine de ces vieilles enseignes d'auberges, dont deux de Saint-Gervais : celle de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Aigle d'Or&lt;/i&gt;, 1769 et celle du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sauvage&lt;/i&gt;, 1763.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_106 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L200xH284/enseigneLe-Sauvage-2-49276.gif' width='200' height='284' alt=&quot;&quot; style='height:284px;width:200px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parfois dat&#233;es, elles portaient &#233;galement un petit &#233;cusson genevois, qui prouvait que l'autorisation d'exploiter avait bel et bien &#233;t&#233; donn&#233;e au propri&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre Mus&#233;e poss&#232;de &#233;galement deux enseignes pliantes de lupanars du moyen &#226;ge. Le tableau, dispos&#233; en volets, se pliait sur lui-m&#234;me de mani&#232;re &#224; voiler les sujets qui y &#233;taient repr&#233;sent&#233;s au moment du passage des processions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La plupart des anciennes auberges de Saint-Gervais, comme de la Cit&#233;, disparurent (avec leurs enseignes) sous la pioche des d&#233;molisseurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A l'enseigne de l'humour &lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_109 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:124px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L124xH160/enseignes_Carouge-l_Eclipse-23cdd.gif' width='124' height='160' alt=&quot;&quot; style='height:160px;width:124px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;
L'&#233;poque la plus riche en enseignes fut le moyen &#226;ge. L'enseigne devint officielle vers le milieu du XVIe si&#232;cle. D&#233;cr&#233;t&#233;e d'utilit&#233; publi&#173;que pour les h&#244;tels et auberges, chacun s'effor&#231;a d'attirer l'attention du public et du touriste en imaginant les sujets les plus singuliers, les plus bizarres, les plus capables de frapper l'es&#173;prit des passants. Quelquefois l'enseigne &#233;tait pour ainsi dire parlante. Ainsi celle de Ma&#238;tre Amberny, repr&#233;sentant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'Hu&#238;tre et les plaideurs,&lt;/i&gt; de la fable de La Fontaine, et qui se balan&#231;ait &#224; la rue du March&#233;, en 1850, puis plus tard &#224; la Corraterie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En France, autrefois, - rappelle Willy Aeschlimann, il n'&#233;tait pas rare de trouver dans une enseigne le bon mot, un r&#233;bus ; ainsi celle du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lion d'Or&lt;/i&gt; formait un calembour, elle repr&#233;sentait un voyageur couch&#233; et endormi : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au lit on dort.&lt;/i&gt; La phrase : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ici on loge &#224; pied et &#224; cheval,&lt;/i&gt; fut souvent remplac&#233;e par ce distique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tout passant peut ici s'&#233;battre,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'il ait deux pieds,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;qu'il en ait quatre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une corseti&#232;re avait fait dessiner sur son enseigne un corset au-dessous duquel on lisait ces mots :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je soutiens les faibles,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;je comprime les forts,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;je ram&#232;ne les &#233;gar&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des enseignes fac&#233;tieuses fourmillaient en France. Une marchande de tabac, en 1848, avait install&#233; une &#233;norme blague &#224; tabac, avec ces mots : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libert&#233; - Egalit&#233; - &#173;Fraternit&#233;&lt;/i&gt; et au-dessous, pour l&#233;gende : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Aux trois blagues.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un marchand de vin &#233;tabli vis-&#224;-vis du cime&#173;ti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, avait, lui, fait mettre ces mots sur son enseigne :
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ici on est mieux qu'en face.&lt;/i&gt;
&lt;span class='spip_document_108 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:125px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L125xH161/enseignes_Carouge-Bottier-ff84d.gif' width='125' height='161' alt=&quot;&quot; style='height:161px;width:125px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un bottier de Toulon, appel&#233; Lemeilleur, qui avait mis sur son enseigne : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le meilleur bottier de Toulon.&lt;/i&gt; fut repris par ses confr&#232;res, jaloux, qui lui intent&#232;rent un proc&#232;s pour l'obliger &#224; s&#233;parer par une virgule son nom de sa profession.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un dessin paru dans un petit journal genevois montrait un peintre effa&#231;ant l'inscription :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Aux vignobles genevois&quot;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sa journ&#233;e termin&#233;e il avait suspendu son travail en laissant encore ces mots : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ignobles genevois,&lt;/i&gt; et la foule de protester contre l'estaminet portant pareille injure.
Alors, en attendant l'ouvrier, on avait vite fait dispara&#238;tre les deux premi&#232;res lettres et lorsque le nom se pr&#233;senta sous &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nobles genevois&lt;/i&gt;, la foule amass&#233;e &#233;clata en bravos...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une enseigne originale figurait au bas de Coutance et portait cette inscription : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;O 20 100 O.&lt;/i&gt; Une auberge, &#224; Coutance, avait repris cette amusante formule en la pla&#231;ant au-dessus de son comptoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai entendu dire par un ancien, rapporte encore Willy Aeschlimann, qu'&#224; la place des Trois-Perdrix, vers 1860, quatre enseignes, plac&#233;es &#224; la suite, formaient cette phrase : Pochelon, Metton, Bonnet, Blanc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vieille Gen&#232;ve poss&#233;dait plusieurs h&#244;tel&#173;leries ayant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'Ange &lt;/i&gt; pour enseigne ; l'une des plus connues se trouvait pr&#232;s de l'arcade du Molard, au bord du lac. La R&#233;forme, nous l'avons vu, effa&#231;a cette enseigne, comme elle fit dispara&#238;tre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'All&#233;luia,&lt;/i&gt; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nom de J&#233;sus&lt;/i&gt; et quelques autres images qui l'offusquaient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_110 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:125px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L125xH160/enseignes_Carouge-Saumon-0af4e.gif' width='125' height='160' alt=&quot;&quot; style='height:160px;width:125px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Parmi les curiosit&#233;s, nous devons dire que l'origine, la provenance de certains noms d'animaux appliqu&#233;s &#224; l'enseigne, vient de ce que les premiers originaux &#233;taient vivants. Il est de toute probabilit&#233; que les commer&#231;ants du bon vieux temps employaient parfois des animaux vivants, comme enseigne. Les singes, les perroquets, les pies, les ch&#232;vres, les &#226;nes, etc, une fois travestis et dress&#233;s &#224; quelque exercice, devaient &#234;tre d'un puissant attrait pour arr&#234;ter les badauds et, ensuite, attirer les clients.
Parmi les enseignes connues et que l'on retrouve partout, je citerai &quot;La Truie qui file&quot;, &quot;L'Ane qui vielle&quot;, &quot;La Ch&#232;vre qui harpe&quot;, &quot;La Pie qui parle&quot;, etc.&quot;&lt;/i&gt;(H. Baudin)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existait &#224; Gen&#232;ve une seule enseigne vivante, celle de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La taverne du Crocodile&lt;/i&gt;, ouverte en 1887, &#224; la rue du Rh&#244;ne, dont le propri&#233;taire entretenait dans un bassin sp&#233;cial, sous une chemin&#233;e d&#233;corative, un petit crocodile, qui par la suite, prit des proportions &#233;normes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des enseignes mena&#231;antes...&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, dans toutes les villes, la multiplication d'enseignes de toutes sortes qui avaient envahi les rues &#233;troites, suscita de nombreuses plaintes ; elles portaient, la nuit, des ombres dangereuses, grin&#231;aient sur leurs gonds par les temps d'orage, et d&#233;gringolaient m&#234;me sur la t&#234;te des inoffensifs passants, au risque de les assommer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux alentour de 1760, &#224; Londres et &#224; Paris, la police prohiba toutes les enseignes suspendues &#224; des potences et se balan&#231;ant au-dessus de la t&#234;te des passants ; ces enseignes devaient &#234;tre plac&#233;es contre les murs des maisons ou boutiques, de mani&#232;re &#224; ne faire qu'une faible saillie.
Ces mesures furent surtout motiv&#233;e par des abus, les marchands et boutiquiers en &#233;taient arriv&#233;s &#224; placer au-dessus de la voie publique des tableaux &#233;normes et des objets immens&#233;ment agrandis, tels que des gardes d'&#233;p&#233;e immenses, de grosses bottes, des &#233;perons larges comme des roues de carosse et des gants&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &quot;qui auraient log&#233; un enfant de trois ans dans chaque doigt &quot;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est qu'en 1809, sous la domination fran&#231;aise, que l'on appliqua &#224; Gen&#232;ve cette loi interdisant, pour des raisons de s&#233;curit&#233;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;toutes les enseignes faisant saillie sur la rue &quot;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'enseigne &#224; la num&#233;rotation des rues &lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_107 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:120px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L120xH179/cafe_Negociant-e274f.gif' width='120' height='179' alt=&quot;&quot; style='height:179px;width:120px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt; Les enseignes qui d&#233;signaient &#233;tablissements ou caract&#233;ristiques particuli&#232;re d'immeubles furent les pr&#233;curseurs de nos num&#233;ros de rues actuels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enseigne, soit de l'h&#244;tellerie, soit d'un autre n&#233;goce, servait de rep&#232;re indicatif pour localiser une foule d'immeubles. Parfois les sculptures ornant les maisons servaient d'enseignes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enseignes, couleur des maisons, inscriptions comm&#233;moratives, nom de propri&#233;taires permettaient de se rep&#233;rer. Les rues de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Croix-d'Or&lt;/i&gt;, du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Soleil-&#173;Levant&lt;/i&gt; et la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;place des Trois-Perdrix&lt;/i&gt; tirent leur nom de ces anciennes enseignes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces anciennes d&#233;signations restaient approximatives. On trouva n&#233;cessaire d'inventorier chaque maison de mani&#232;re particuli&#232;re. C'est en date du &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;17 septembre 1782&lt;/strong&gt; que les Registres mentionnent la premi&#232;re num&#233;rotation des immeubles de Gen&#232;ve &#224; la demande de M. de Jaucourt, pl&#233;nipotentiaire fran&#231;ais envoy&#233; par Paris avec des troupes pour calmer les troubles de la R&#233;publique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Le Magnifique Conseil, vu le d&#233;sir de M.de Jaucourt, arr&#234;te de faire num&#233;roter les maisons de la ville&quot;&lt;/i&gt;.
Cet arr&#234;t&#233; fut imm&#233;diatement mis &#224; ex&#233;cution et la ville fut divis&#233;e en quatre quartiers qui eurent chacun une num&#233;rotation sp&#233;ciale. Le quartier de la Maison-de-Ville donna 271 num&#233;ros , celui du Bourg-de Four, 292 ; celui des Rues-Basses, 187 et celui de Saint-Gervais, 252. En tout 1002 num&#233;ros repr&#233;sentant autant d'imeubles distincts, ce qui fait de ce d&#233;nombrement un v&#233;ritable cadastre et non simplement un inventaire fiscal.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Evolution de l'enseigne moderne&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s le d&#233;but du XIXe si&#232;cle, on assiste &#224; une progressive disparition des enseignes. L'effet des lois, conjugu&#233; &#224; la marche en avant de l'industrialisation, modifient les besoins. Ce sont alors plut&#244;t des inscriptions peintes sur le cr&#233;pis des fa&#231;ades - grandes publicit&#233;s sur les murs aveugles - ou souvent, des panneaux en bois ou en m&#233;tal, appos&#233;s en fa&#231;ade, qui apparaissent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;volution technique des moyens d'&#233;clairage, par des lampes &#224; gaz, puis &#224; l'&#233;lectricit&#233;, am&#232;nera une situation toute nouvelle. L'enseigne deviendra alors support publicitaire annon&#231;ant aux automobilistes comme aux pi&#233;tons, une activit&#233; particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il appara&#238;tra bient&#244;t n&#233;cessaire de mettre un certain frein &#224; la prolif&#233;ration d&#233;sordonn&#233;e de tels signes et symboles, afin de pr&#233;server le caract&#232;re et l'architecture de certains lieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laissons la parole &#224; Henri Baudin, architecte genevois qui, en 1905, &#233;mettait un avis fort critique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Au lieu de la po&#233;sie et du charme des symboles d'autrefois, nous n'avons plus que la prose banale des lettres en fonte dor&#233;e qui se profile sur le fa&#238;te des toitures. Les proc&#233;d&#233;s m&#233;caniques de la typographie et de la lithographie ont donn&#233; &#224; l'enseigne d'aujourd'hui, ce caract&#232;re d'uniformit&#233; ennuyeuse qui aligne ses identiques aphabets le long des rues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres enseignes n'ont aucun rapport avec le fonds qu'elles utilisent. Ce sont les enseignes situ&#233;es, soit sur les mitoyens, soit sur le fa&#238;te des toitures, et qui vantent, en lettres gigantesques et en couleurs obs&#233;dantes, les ap&#233;ritifs fran&#231;ais, les chocolats suisses, les compagnies d'assurances allemandes et les savons anglais. Elles occupent les places les plus renomm&#233;es et les sites les plus beaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le journal par la r&#233;clame, avec l'affiche moderne, ont sournoisement tu&#233; l'enseigne. La publicit&#233; se r&#233;pand partout, sur les oreillers d'h&#244;tels, les verres, les bouteilles, les papiers W.C. On me citait, il y a quelques ann&#233;es, ce fait qu'un grand fabricant de jouets d'une station baln&#233;aire s'&#233;tait procur&#233; des tonnes d'&#233;cailles de moules qu'il avait rev&#234;tues &#224; l'int&#233;rieur d'annonces polychromes ind&#233;l&#233;biles relatives &#224; son &#233;tablissement.. Des petits grooms r&#233;pandaient chaque matin, &#224; mar&#233;e basse, ces coquillages sur la plage avant l'arriv&#233;e des baigneurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en Am&#233;rique &#233;galement que fut lanc&#233;e la bottine imprimeuse. A la semelle de la dite bottine-r&#233;clame est fix&#233; un clich&#233; d'imprimerie avec un r&#233;servoir d'encre automatique. A chaque pas du promeneur sur le macadam, sur l'asphalte ou sur les dalles de la chauss&#233;e ou du trottoir, le poids du porteur fait passer l'encre sur les caract&#232;res et imprime sur le sol la r&#233;clame d&#233;sir&#233;e. La bottine imprimeuse fut d'un grand usage au moment des derni&#232;res &#233;lections. Les candidats en achet&#232;rent des milliers ; ce fut l'annonce r&#233;clame dernier cri, dans la lutte entre Roosevelt et Parker.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A Gen&#232;ve&lt;/strong&gt;, la Commission d'Art Public organisa, en &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1904&lt;/strong&gt;, un premier concours d'enseignes dans le but de relever le go&#251;t de l'enseigne artistique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;On pouvait esp&#233;rer que ce concours, annonc&#233; depuis bien des mois, stimulerait le z&#232;le des commer&#231;ants soucieux de parer leurs maisons en mettant en valeur leur marchandise, mais le jury, r&#233;uni le 9 f&#233;vrier, a bien vite pu se rendre compte que la r&#233;forme sera lente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord nos n&#233;gociants ne sentent pas la n&#233;cessit&#233; de rien changer &#224; l'aspect banal et laid de leurs devantures ! Peut-&#234;tre se figurent-ils aussi que les couleurs sombres font mieux ressortir l'&#233;talage, que la modestie sied aux bonnes marques et que l'excentricit&#233; mettrait en fuite la client&#232;le. Mais il y a aussi les artistes qui croiraient compromettre leur dignit&#233; en signant une enseigne ou en &#233;tudiant l'installation d'un magasin. Ils oublient donc qu'un de leurs contemporains (F.Hodler), f&#234;t&#233; aujourd'hui, brossa jadis de truculentes galantines pour un charcutier du quartier de Rive&quot;&lt;/i&gt; (Henri Baudin, L'enseigne et l'affiche).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Repenser l'enseigne aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'apparition de nouveaux mat&#233;riaux tels que le plexiglas, les tissus synth&#233;tiques et de techniques r&#233;centes d'&#233;clairage (tubes n&#233;ons, lampes halog&#232;nes, voire rayon laser) ont cr&#233;&#233; de nouvelles perspectives publicitaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_111 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:125px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L125xH159/enseignes_Carouge-Vincent_-c3974.gif' width='125' height='159' alt=&quot;&quot; style='height:159px;width:125px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;
Entre les nouveaux v&#233;hicules de la communication commerciale (logos, affiches, et autres) et une architecture sobre mais portant la forte empreinte d'un h&#233;ritage culturel, il est possible de trouver une harmonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des solutions existent qui permettent de concilier un cadre architectural prot&#233;g&#233; - et parfois r&#233;nov&#233; avec grand soin - et les enseignes de notre &#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les dispositions cantonales pr&#233;cisent que l'autorit&#233; comp&#233;tente &quot;peut interdire notamment toute enseigne ou r&#233;clame qui, par sa couleur, ses dimensions, son &#233;clairage, sa forme ou le genre de sujets repr&#233;sent&#233;s peut nuire au bon aspect d'une localit&#233;, d'un quartier, d'une voie publique, d'un site ou d'un point de vue ou encore &#224; l'architecture du b&#226;timent sur lequel elle serait plac&#233;e&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_112 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:128px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L128xH162/enseignes_Carouge-Bertje-21a88.gif' width='128' height='162' alt=&quot;&quot; style='height:162px;width:128px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;
Il est possible actuellement d'envisager pour l'enseigne des adaptations contemporaines. Bel exemple que les enseignes en potence carougeoises (illustrations), souvent orn&#233;es, parfois exub&#233;rantes ou totalement sobres. Fer forg&#233;, t&#244;les peintes ou perfor&#233;es donnent &#224; ces enseignes un caract&#232;re particulier, en belle harmonie avec l'architecture du Vieux-Carouge, &quot;cit&#233; artisanale du XVIIIe si&#232;cle&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enseigne sur potence en t&#244;le peinte, avec lettres dor&#233;es sur fond noir, de notre imprimerie, ainsi que celles d'autres commerces de la rue des Corps-Saints illustrent cette tradition qui donne &#224; une rue ou &#224; une cit&#233; une note color&#233;e, surprenante, parfois na&#239;ve, mais toujours chaleureuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;................................................................................................&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sources&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Willy Aeschlimann, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les enseignes d'auberges, Almanach du Vieux Gen&#232;ve, 1956&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Henri Baudin, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'enseigne et l'affiche, Gen&#232;ve, 1905&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Blavignac, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire des enseignes, Gen&#232;ve , 1878&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Illustrations : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;DEAL, Carouge, Gen&#232;ve&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Le temple, une &quot;colline sacr&#233;e&quot; (G. Patan&#232;)</title>
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<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique19"> le Temple de Saint-Gervais</category>


		<description>Le temple de Saint-Gervais &lt;br /&gt;Il est des lieux privil&#233;gi&#233;s qui ont &#233;t&#233; occup&#233;s par l'homme depuis les temps les plus recul&#233;s et d'une mani&#232;re quasi ininterrompue ; c'est le cas &#224; Gen&#232;ve de la colline couronn&#233;e par le temple de Saint-Gervais, sur la rive droite du Rh&#244;ne, face &#224; l'0ppidum de Saint-Pierre, sur la rive gauche. &lt;br /&gt;Sous le premier lieu de culte, lors de recherches entreprises d&#232;s 1987 par Charles Bonnet, arch&#233;ologue cantonal, et B&#233;atrice Privati, on a d&#233;couvert des traces (...)


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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt; le Temple de Saint-Gervais&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le temple de Saint-Gervais&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est des lieux privil&#233;gi&#233;s qui ont &#233;t&#233; occup&#233;s par l'homme depuis les temps les plus recul&#233;s et d'une mani&#232;re quasi ininterrompue ; c'est le cas &#224; Gen&#232;ve de la colline couronn&#233;e par le temple de Saint-Gervais, sur la rive droite du Rh&#244;ne, face &#224; l'0ppidum de Saint-Pierre, sur la rive gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_102 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L318xH375/temple--cfbbb.gif' width='318' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:318px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sous le premier lieu de culte, lors de recherches entreprises d&#232;s 1987 par Charles Bonnet, arch&#233;ologue cantonal, et B&#233;atrice Privati, on a d&#233;couvert des traces d'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;habitations n&#233;olithiques (4500 &#224; 4000 avant notre &#232;re)&lt;/strong&gt;. Puis, &#224; l'emplacement d'un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;temple romain&lt;/strong&gt;, le chevet d'une &#233;glise fun&#233;raire du Ve si&#232;cle a probablement tenu compte d'une s&#233;pulture privil&#233;gi&#233;e, plac&#233;e dans un mausol&#233;e au bord de l'ancienne &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voie romaine&lt;/strong&gt;. Les blocs architecturaux ont &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s et r&#233;employ&#233;s pour la construction d'une crypte partiellement enterr&#233;e, b&#226;tie en m&#234;me temps que le choeur sur&#233;lev&#233; semi-circulaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier document &#233;crit sur Saint-Gervais remonte &#224; l'an &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;926&lt;/strong&gt; ; sans parler d'un lieu de culte, il mentionne le vicus Sancti Gervasii. On y conserve des reliques que Sant'Ambrogio, archev&#234;que de Milan, a fait parvenir en ce lieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus tard, l'&#233;glise est d&#233;di&#233;e aux &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;saints Gervais et Protais&lt;/strong&gt; ; seul le nom du premier finit par &#234;tre retenu par la m&#233;moire populaire. Saint-Gervais d&#233;signera par la suite aussi bien l'&#233;glise que le bourg de la rive droite (Geneva minor).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gervasius et Protasius &#233;taient des fr&#232;res jumeaux, officiers romains, qui vivaient au temps de N&#233;ron ; Gervais p&#233;rit sous les coups de fouet, son fr&#232;re fut d&#233;capit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;axe Italie-Flandres&lt;/strong&gt;, qui passe par le bourg de Saint-Gervais, les &#233;changes commerciaux vont s'intensifier : au XIe si&#232;cle d&#233;j&#224;, Gen&#232;ve retire quelque avantage des efforts de Venise pour ranimer l'Occident. Au XIIe si&#232;cle, les marchands g&#233;nois et pisans apportent ici des produits des bords de la M&#233;diterran&#233;e.
Les banquiers florentins fournissent aux foires genevoises, sous les fortifications et sur la gr&#232;ve de la rive gauche, leur pr&#233;cieux concours.
Le ducat savoyard circule dans toutes les transactions essentiellement italiennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le philosophe historien napolitain Benedetto Croce (1866-1952) a bross&#233; en quelques superbes pages l'aspect de la cit&#233; d'avant la R&#233;forme : &quot;Gen&#232;ve, toute petite qu'elle &#233;tait, ne diff&#233;rait gu&#232;re des villes d'Italie du sud pour ce qui est des moeurs et des coutumes. La population aimait les f&#234;tes et les cabarets o&#249; l'on vidait gaiement son pot ; les faubourgs &#233;taient des lieux agr&#233;ables et joyeux dont la vie &#233;tait &#233;troitement li&#233;e &#224; celle de la cit&#233;. On y v&#233;n&#233;rait de fameuses reliques : un morceau de la cervelle de saint Pierre, un bras de saint Antoine.&quot;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le temple de Saint-Gervais, tel qu'il se pr&#233;sente de nos jours, est un exemple caract&#233;ristique de l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;architecture locale du XVe si&#232;cle&lt;/strong&gt;, qui utilise principalement &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la brique de terre cuite&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le temple se compose d'une large nef &#224; quatre trav&#233;es et d'un choeur &#224; deux trav&#233;es et &#224; chevet droit, le tout vo&#251;t&#233; aux crois&#233;es d'ogive et flanqu&#233; de chapelles. La tour-clocher, &#224; section carr&#233;e, s'appuie contre la fa&#231;ade sud du choeur ; dans sa face nord, s'ouvre une chapelle &#224; deux doubles trav&#233;es vo&#251;t&#233;es sur crois&#233;e d'ogive (b&#226;tie vers 1478 pour la confr&#233;rie du Saint-Esprit).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des nombreuses chapelles accol&#233;es de part et d'autre de la nef centrale, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la chapelle de Tous-les-Saints&lt;/strong&gt; est la plus remarquable et la mieux conserv&#233;e. Enti&#232;rement peinte, voute et parois, commande faite par un marchand ais&#233;, d'inspiration italienne (le pape Felix V est repr&#233;sent&#233; sous le manteau de la Vierge) elle &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;refl&#232;te le contexte historique de Gen&#232;ve vers 1440&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s la R&#233;forme, en 1688, le temple est aggrandi par la suppression de chapelles et la r&#233;alisation d'une vaste annexe contre la chapelle du Saint-Esprit, avec galeries en bois.
Que ceux qui cherchent &#224; approfondir notre riche pass&#233; visitent le temple de Saint-Gervais ; qu'ils prennent &#233;galement conscience des r&#233;centes d&#233;couvertes arch&#233;ologiques. Cette &quot;colline sacr&#233;e&quot; est un manuel &#224; l'in&#233;puisable discours t&#233;moignant sur plusieurs mill&#233;naires !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Giuseppe Patan&#232;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(article paru dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Construire&lt;/i&gt;, 19 ao&#251;t 2003)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;...............................&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Giuseppe Patan&#232;, architecte, - que nous remercions, est aussi l'auteur de l'ouvrage : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;moires d'un enfant de Saint-Gervais, Cabedita, 1992&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#234;te des artisans et commer&#231;ants du quartier, ao&#251;t 2005 </title>
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		<dc:date>2005-09-15T15:11:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor Salamin</dc:creator>

<category domain="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique30">F&#234;te des artisans et commer&#231;ants 2005</category>


		<description>Le 26 - 27 ao&#251;t, le temps d'un week-end, les artisans et commer&#231;ants du quartier de Saint Gervais ont particip&#233; &#224; la f&#234;te organis&#233;e par la F&#233;d&#233;ration des Artisans et Commer&#231;ants, avec le soutien de la Ville de Gen&#232;ve. F&#234;te qui fut belle et fr&#233;quent&#233;e, hormis le samedi o&#249; la pluie fut de la partie. &lt;br /&gt;.............................................................. . . &lt;br /&gt;Un Faubourg vivant par ses artisans et ses commerces &lt;br /&gt;Le nom de Saint-Gervais est attach&#233; &#224; l'image d'un Faubourg populaire, (...)


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&lt;a href="http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;F&#234;te des artisans et commer&#231;ants 2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Le 26 - 27 ao&#251;t, le temps d'un week-end, les artisans et commer&#231;ants du quartier de Saint Gervais ont particip&#233; &#224; la f&#234;te organis&#233;e par la F&#233;d&#233;ration des Artisans et Commer&#231;ants, avec le soutien de la Ville de Gen&#232;ve. F&#234;te qui fut belle et fr&#233;quent&#233;e, hormis le samedi o&#249; la pluie fut de la partie.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;..............................................................
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.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_97 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH214/fete_quartier2005_07-586e8.jpg' width='400' height='214' alt=&quot;&quot; style='height:214px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un Faubourg vivant par ses artisans et ses commerces&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_92 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L350xH472/fete_quartier2005_02-2851f.jpg' width='350' height='472' alt=&quot;&quot; style='height:472px;width:350px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nom de Saint-Gervais est attach&#233; &#224; l'image d'un Faubourg populaire, riche de ses artisans pass&#233;s. Certes la grande tradition des cabinotiers a quasi disparu : quelques petites &#233;choppes d'horlogerie subsistent pourtant, ainsi que quelques artisans typographes, bijoutiers, quelques boutiques d'antiquaires, des commerces de d&#233;tail et des bistrots qui maintiennent ce quartier vivant et veulent lui conserver une touche particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_94 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L250xH386/Fete_quartier2005_04-28fad.jpg' width='250' height='386' alt=&quot;&quot; style='height:386px;width:250px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La f&#234;te permit &#224; chacun d'ouvrir sa boutique vers la rue et de l'animer. Des lignes de couleur aux sinuosit&#233;s diverses servirent &#224; baliser un parcours jalonn&#233; de musique, d'animations et de d&#233;gustations diverses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_96 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L350xH481/fete_quartier2005_06-2b5d8.jpg' width='350' height='481' alt=&quot;&quot; style='height:481px;width:350px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Imprimerie des Arts proposa &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Bal musette et orgue de barbarie&lt;/strong&gt;, une &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;visite comment&#233;e&lt;/strong&gt; de l'atelier et de son outillage traditionnel ainsi que l'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;impression de cartes de visites&lt;/strong&gt; sur la rue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_93 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH358/Fete_quartier2005_03-2b757.jpg' width='400' height='358' alt=&quot;&quot; style='height:358px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bar &#224; cidre ambulant et d&#233;gustation d'absinthe (en hommage au Guguss') furent &#224; l'honneur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_95 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L350xH504/fete_quartier2005_05-db96a.jpg' width='350' height='504' alt=&quot;&quot; style='height:504px;width:350px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un quartier de m&#233;moire&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Poursuivant sa mission de mise en valeur du patrimoine de la typographie et de restitution de la m&#233;moire du quartier, suivant la proposition de Bruno Pesenti, des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;cartes postales anciennes&lt;/strong&gt; de son impressionnante collection, furent agrandies num&#233;riquement par les soins de l'imprimerie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certaines furent coll&#233;es au sol le long de la ligne de couleur et pos&#233;es &#224; l'endroit o&#249; elles furent prises autrefois permettant ainsi aux visiteurs de remonter le temps. Une exposition semblable de format plus important et b&#233;n&#233;ficiant d'un &#233;clairage ad&#233;quat fut d&#233;roul&#233;e, dans le passage couvert jouxtant l'imprimerie. Ce fut l'occasion d'entendre le t&#233;moignage d'anciens qui purent se rem&#233;morer leur jeunesse dans un quartier dont l'architecture fut passablement boulevers&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre photographe Alain Oger a saisi pour nous quelques-uns de ces instants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_91 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:400px;' &gt;
&lt;img src='http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/local/cache-vignettes/L400xH278/fete_quartier2005-01-d7e48.jpg' width='400' height='278' alt=&quot;&quot; style='height:278px;width:400px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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