Imprimerie des Arts: un écomusée à Saint-Gervais  
     
  " L'écomusée: une école, un laboratoire, un conservatoire, un miroir”.
C’est en ces termes que George-Henri Rivière, fondateur des écomusées en définissait les orientations. L’écomusée se veut un lieu de convergence entre passé et présent, un lieu de réflexion où le patrimoine peut aider à appréhender les problèmes actuels de nos sociétés.

 
 

 

Les écomusées:traits d'union entre présent et passé

Des machines en état de marche au cœur de la vie sociale

« Un écomusée est un instrument qu'un pouvoir et une population conçoivent, fabriquent et exploitent ensemble. [...] Un miroir où cette population se regarde, pour se reconnaître, où elle recherche l'explication du territoire auquel elle est attachée. [...] Un miroir que cette population tend à ses hôtes pour s'en faire mieux connaître, dans le respect de son travail, de ses comportements, de son intimité. »

Par ces quelques mots, George Henri Rivière , fondateur du concept même d'écomusée, définit ces lieux de culture d'un genre nouveau qui, sans lui, n'auraient jamais existé. Promenade dans le temps Un écomusée est le résultat d'une équation entre des hommes, leur patrimoine culturel et le territoire sur lequel ils vivent. Il raconte l'histoire économique, sociale, culturelle, environnementale, en fait l'histoire tout court, d'un espace. C'est un tout où chaque élément est indissociable de son voisin. Il témoigne en donnant à voir, à toucher, à entendre, des objets, des images, des anecdotes... venus directement du passé. Par exemple, dans le Nord-Pas-de-Calais, patrie de la métallurgie, du textile et de la verrerie, l'Écomusée de la Région de Fourmies - Trélon expose d'anciens métiers à tisser en état de marche. Il relate aussi la vie des habitants du territoire au siècle dernier. On peut y voir des souffleurs de verre ou des forgerons travailler à la manière d'antan... Le passé pour la modernité Dans un écomusée, les gestes de nos ancêtres reprennent vie, rien n'y est figé. C'est un ensemble à la fois hétérogène et cohérent, comme l'existence de chaque individu au sein de la société qui l'accueille. Le passé est au service du présent pour conserver et transmettre des savoir-faire oubliés, pour donner à comprendre et faire progresser les connaissances.

Le terme " écomusée " a été inventé par Hugues De Varine, alors directeur de l'ICOM, au cours d'une réunion avec Georges Henri Rivière, ancien directeur et conseiller permanent à l'ICOM, et Serge Antoine, conseiller du Ministre de l'environnement. Il a été prononcé pour la première fois en 1971, dans un discours de M. Robert Poujade, alors Ministre de l'environnement, qui va l'utiliser pour mettre en avant le travail d'un ministère en pleine création, pour asseoir une image sans réellement être en accord avec un quelconque mouvement muséologique.

Le terme écomusée a ensuite été relié à une réflexion qui s'est développée durant les années 70, conduisant parallèlement aux remises en cause que connaîtra la société, à repenser le rôle du musée.

Les écomusées furent tout d'abord conçus pour garder les traces des sociétés rurales que l'urbanisation, les mutations techniques et sociales mettraient rapidement en péril. L'écomusée avait donc à intervenir sur un espace spécifique, structuré, un territoire dont le mode d'organisation était en bouleversement. Progressivement, ils ont gagné le champ de l'environnement social, urbain, industriel.

De ce point de vue, les objets de la vie quotidienne mais aussi les paysages, l'architecture, les savoir-faire, les témoignages oraux constituent les sujets d'études, de collectes et de valorisation pour les écomusées au titre de témoins de l'homme, de son milieu, de son travail, de sa famille, de sa communauté.

Ce nouveau regard sur l'objet a conduit à repenser la muséographie imaginant ainsi des moyens multiples de restitution pour raconter l'histoire d'un territoire : reconstitutions minutieuses d'intérieurs, lectures de paysages, ateliers conservés in situ, démonstrations de savoir-faire…

Cette façon d'aborder le patrimoine a conquis depuis nombre de musées techniques, d'arts et de traditions populaires, d'ethnographie formant ainsi cette nouvelle catégorie de musée de société qui, étrangers à la nostalgie, peuvent être à la fois des lieux de dialogue où s'expriment les différences, et lieux de confrontation avec le passé où la société appréhende son développement.

Partenaires actifs des collectivités territoriales, ils accueillent chaque année des millions de visiteurs et constituent bien souvent en région des outils de développement non négligeables.


 
 
1 octobre, 2003
 
 


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